Paris - Street Art : Vivez une expérience immersive au Colors Festival

Dernière mise à jour : 5 juil. 2021



En tant que fans de Street Art, nous ne pouvions manquer ce magnifique festival de couleurs. Laissez nous vous présenter ce haut lieu éphémère du Street Art parisien 2021.



Sommaire


 

Présentation du Colors Festival



Ici, c'est une expérience immersive dans un immeuble abandonné qui vous est proposé. Les street artistes ont pris possession des lieux sur 2 étages soit plus de 600m² pour vous proposer de magnifiques œuvres très colorées.


Vous noterez deux ambiances bien distinctes. Au premier étage, vous serez plongé dans une bulle ensoleillée avec une dominante de couleurs jaunes. Tandis qu'au rez-de-chaussé, c'est une bulle de chewing-gum à la fraise qui vous attend avec des tonalités roses. A chacun des deux étages investis par les artistes, la couleur en appelle à l'énergie et à l'optimisme. Des couleurs "bonheur" et "good mood", avec en trame de fond la symbolique de l'amitié et de la fraternité.


Chaque artiste s'est octroyé une pièce pour donner libre court à son imagination. Ainsi, c'est pas moins de 45 artistes qui mettent leur art au service de cette explosion de joie et de couleurs, pour le bonheur des visiteurs.

Les lieux se prêtent à merveille à une séance photo improvisée, dans le respect des œuvres exposées.


Pour aider ces artistes, une boutique éphémère est installée, vous permettant de faire l'acquisition d’œuvres sous différents supports à des prix très abordables.


 

Visite du Colors Festival


Dès l'entrée, nous sommes immédiatement immergés dans cet univers coloré.

Un magnifique portrait réalisé par l'artiste Anna Conda nous accueille et nous plonge dans une bulle de douceur mais aussi d'exotisme avec ses magnifiques flamants roses.


Puis nous sommes invités à emprunter un escalier qui nous amène à l'étage. Déjà, on en prend plein les yeux. Les détails sont partout : murs, plafonds, sol, rambardes ... On reste dans l'univers rose, ligne de conduite sur le niveau.


Joko Art nous partage ses dessins très graphiques en noir et blanc et sa phrase signature "Vers l'infini et l'haut de l'art".


Andrew Wallas nous partage un portrait où l'on ressent les influences de la culture américaine et du hip-hop. Il a à cœur de capturer les émotions immédiates et de les retranscrire dans ses œuvres.


Dès que l'on passe au niveau du palier, une transition s'opère, nous faisant passer du rose au jaune. Avec de nombreux messages à découvrir ...

On peut ainsi contempler l'illustration de Fé _tavie

Petite Poissone nous laisse de nombreux messages au pochoirs sur les murs et rampes de cet escalier. Prenez le temps de les lire.


Sabrina Beretta nous invite à prendre conscience du paradoxe, de la dualité, de la métamorphose qui résident en toute chose.


A l'étage, on se retrouve face à un immense couloir jaune. Ce sera la couleur de base de tout l'étage. De nombreux graffitis et signatures apparaissent sur les murs et plafonds. La peinture coule sur le sol comme pour nous indiquer que l'art ne connait pas de limite.

On peut notamment contempler une œuvre de Piotre qui nous embarque dans son univers coloré, à la limite du pop-art


De part et d'autre, des salles dédiées à un ou plusieurs artistes nous invitent à découvrir leurs œuvres. Visite ...


La première salle nous plonge dans un décor de BD. C'est l'univers de Combo. Ici tous les petit détails nous font penser à une planche de BD. Les contours de chaque objet sont surlignés de noir apportant un côté graphique très prononcé, accentué par le papier peint monochrome aux bandes jaunes. Des tableaux de famille nous invitent à nous rapprocher. Et là, beaucoup d'humour sur chacune des œuvres. Mais nous n'en dirons pas plus pour ne pas gâcher la surprise lors de votre visite.


Derrière un rideau noir qui nous invite à passer la tête, un petit cagibi nous plonge dans une ambiance plus spirituelle grâce à l'artiste RBLBird. A chacun des croyances ...


De l'autre côté de la pièce, une œuvre magistrale de l'artiste Smak3Moulin. Observez la finesse de ce visage, les détails sur la fraise, la douceur de ce regard. Un mélange de modernisme et d'ultra-classicisme dans la composition de cette toile. Se dire qu'une telle toile a été réalisée en seulement 14 jours, cela me laisse totalement admirative.


Autre salle, autre ambiance avec l’œuvre d'Alex Ereska qui joue avec l'accumulation de visages exprimant une large palette de sentiments : la surprise, la colère, l'inquiétude, la tristesse, l'étonnement ... Ici aussi, les dessins recouvrent murs et sols. Une toile sur son chevalet, une commode, un fauteuil nous invitent dans l'atelier de l'artiste. Quand on vous dit que c'est une expérience immersive !


Dans cette nouvelle salle, deux œuvres d'artistes différents se font face mais avec une thématique commune : l'amour. L'amour des uns et des autres avec l’œuvre de l’artiste Riv et l'amour de la nature avec l’œuvre de droite. Beaucoup de poésie et de sérénité se dégagent de ces peintures qui viennent à la rencontre l'une de l'autre au sol.


Après l'amour, place à la nature avec la magnifique fresque de l'artiste Ardif. Ses dessins animaliers allient le style naturaliste et le style industriel. Un joli mélange qui nous laisserait penser que le monde urbain vient empiéter sur le monde rural forçant la nature à s'adapter pour survivre. Pour renforcer ce sentiment, des plantes vertes ont été suspendues au plafond contrastant avec le milieu urbex où nous nous trouvons.


Je ne sais pas vous, mais personnellement, j'adore visiter les toilettes de certaines institutions. Que ce soient des restaurants des bars, des hôtels, des salles de concert ... on y découvre très souvent des petites pépites. Un coin intimiste où régulièrement les gens de passage laissent de petits mots.

C'est ce qu'a voulu retranscrire l'artiste La Dactylo en laissant des messages sur les murs. Prenez bien le temps de les lire, de vive voix de préférence, vous y trouverez de jolis jeux de mots.


Comme un retour enfance dans la salle suivante grâce aux œuvres conjointes de Kekli et de Rémi Cierco. Des enfants jouent avec une pieuvre géante et se promènent à vélo. Un décor en 3D a même été représenté avec un bicyclette, nous invitant à la chevaucher pour nous intégrer dans le tableau.


On repasse par le couloir, transition oblige entre les différentes salles. Et comme toujours, des œuvres sont à contempler. Peut-être moins spectaculaires que celles présentes dans les salles, elles n'en restent pas moins poignantes. Comme celles de l'artiste Levalet dont le personnage se bat contre le temps. Sa signature est d'allier le collage (art éphémère) avec un objet du quotidien en soulignant l’absurdité de certaines situations.

A sa droit, une œuvre de One Mizer qui ironise sur l'évolution de l'art. Toujours des sens forts à ces illustrations qui sont là pour nous interpeler.


Direction une salle qui a été investie par l'artiste Moyoshi. De grands oiseaux hauts en couleurs ornent les murs, apportant beaucoup de gaité à la pièce. Son leitmotiv, redonner espoir en la Nature, attendant que celle-ci refasse surface après le déclin de notre société moderne.


Deux nouvelles œuvres sont visibles dans le couloir, sur fond de signatures d'artistes. La première est une reproduction de la célèbre illustration de EZK nommée "Au nom du pire" qui veut dénoncer les inégalités sociales et le cynisme du monde de la consommation.

La seconde œuvre est un magnifique portrait d'une femme africaine comme je les aime tant.


Demoisellemm nous embarque dans un univers féérique avec ses demoiselles pleines de délicatesse. De jolis personnages pour défendre la cause féminine tout en douceur et poésie.


Dans la salle suivante, retrouvez l’œuvre de Licéa. On est embarqué dans une course folle avec des lièvres coiffés de bois de cerf. De drôles de créatures qui fuiraient un danger ? Notez le détail sur la vitre : un lièvre qui observe la scène en toute quiétude.

Sur le mur d'en face, une femme aillée accompagnée de son aigle sont prêts à prendre leur envol. Les montgolfières nous inviteraient-elles à les suivre ?


Kaldea nous invite au sein d'une ruche et nous fait rencontrer la reine des abeilles. Toute la compagnie s'active autour d'elle pour fabriquer le précieux nectar qui dégouline du plafond. Asseyez-vous quelques instants, vous prendrez bien une petite tasse de thé. Il n'y a pas comme un air d'Alice au pays des merveilles ?

Notez la bouche en forme de trèfle du personnage principal. C'est la signature de l'artiste. Son style japonisant est largement influencé par la culture pop et urbaine apportant à la fois une touche moderne et rétro à ses œuvres.


Nous quittons cet étage en empruntant l'escalier pour nous mène à l'étage inférieur.

L'ambiance jaune laisse place à une bulle de rose. L'artiste Crey132 nous invite à voir la vie en rose et l'illustre avec cette maman et son bébé rhinocéros qui font preuve de beaucoup de tendresse et d'amour l'un pour l’autre.


Le couloir, sur fond rouge, nous invite à découvrir de plus petites œuvres.


C'est ainsi que l'on trouve une thématique chère au cœur de Carole B. : Liberté, Égalité et Féminité. Elle aime mettre en lumière les femmes, avec des figures aussi bien modèles de courage et de liberté, que de multiples références à l’histoire et la culture populaire. Elles sont là pour réveiller les consciences et la mémoire collective.


Nous pouvons contempler une seconde illustration de l'artiste EZK intitulée "Changeons le monde, pas le climat" qui veut nous sensibiliser sur les dérives occasionnées par l'homme qui l'amèneront inévitablement à sa perte.


One Mizer réalise ici un joli tableau au pochoir en référence au film Pulp Fiction. Notez l'allusion à la pandémie qui sévit en ce moment, nous incitant à appliquer les gestes barrières pour nous protéger mutuellement.


L'artiste Tempo Nok nous fait découvrir son univers tout en légèreté. Son thème de prédilection est la bulle qu'il sait représenter à la perfection en lui donnant toute transparence et brillance. Mais il souhaite aussi passer des messages dans ses dessins . "Le principal se découvre souvent dans les reflets : j’y intègre des détails qui racontent une histoire ou font écho au décor environnant pour plus de réalisme."


Si vous aimez les expériences immersives, vous êtes dans la bonne salle. Ici l'artiste brouille les pistes. Quel contraste entre le sol quadrillé de noir et de blanc et ces murs peints en rose où les personnages dansent et amènent un joli dynamisme. Au sol, de petites bouteilles peintes elles-aussi en rose sont posées par petits groupes. Si on n'y prête pas plus attention, la visite pourrait s'arrêtait là. Mais un message sur le mur nous invite à soulever une bouteille au hasard. De petits mots plein de poésie sont à découvrir.


Retour dans le couloir pour découvrir d'autres œuvres plus intimistes.


Marquise nous enchante avec sa petite fille au parapluie. La peinture rouge qui dégouline nous fait penser à la pluie qui tombe et les deux escargots apportent une touche campagnarde au tableau renforcé par la couronne de fleurs dans les cheveux de la demoiselle.


Dugudus nous montre un Donald Trump dans tout son autoritarisme. Que cherche-t-il à imposer à ce petit oiseau en cage, déjà privé de liberté ?


La troisième œuvre prône l'amour au pouvoir. Un joli message dans un contexte de racisme, d'homophobie et d'intolérance en général.


Une nouvelle œuvre magistrale d'Ensemble Réel nous fascine. Les deux frères nous plongent dans un univers 3D mélangeant la couleur et le noir et blanc. Des bandes de papier déchirées apportent du volume à l'ensemble. Sur les visages, ces déchirures, comme des traces laissées par la vie, révèlent en profondeur des émotions.


Retour dans le couloir avec la découverte de 3 nouvelles œuvres.


Wild Wonder Woman milite pour l'émancipation de la femme,

Levalet fait une satire de la société où la communication ne se fait plus qu'à distance, au travers des technologies,

tandis que One Mizer exprime un ras le bol vis à vis du virus qui nous empêche de vivre.


Nous pénétrons dans la dernière salle de l'exposition. Tous les supports sont exploités : murs, sol, plafond. Un magnifique portrait de Frida Kahlo en collage trône au fond de la pièce, regardant par la fenêtre, d'un air rêveur.

De nombreux collages sont apposés sur les murs tandis que des graffitis recouvrent le sol et le plafond. On est complètement immergés dans cette bulle rose.


Dernières œuvres que nous pouvons découvrir avant de regagner l'entrée de l'exposition.

Mouarf nous propose une jeune femme couronnée qui semble accablée par le poids de ses responsabilités voire mélancolique d'une liberté qui lui est désormais inaccessible.

Un magnifique graphe signature, électrisant, clôture cette visite.



 

Infos pratiques



  • Quand y aller ?

Il va falloir se dépêcher parce que l'expo est à durée limitée. Elle est visible du 20 mai au 30 juin (ferme à 18h).

Après quoi, le bâtiment sera en travaux afin d'héberger une nouvelle école de commerce.

Alors, ne tardez pas et profitez en bien.


  • Où aller ?

Pour accéder au Colors Festival, rendez-vous au 81 Avenue de la République dans le 11ème arrondissement de Paris. Vous avez 2 stations de métro à proximité : Métro Rue Saint-Maur (ligne 3), Saint-Ambroise (ligne 9)


  • Combien ça coûte ?

Plein tarif : 10€/adulte

Étudiants et plus de 60 ans : 5€

- de 13 ans : gratuit


Entrées illimitées sur toute la période de l'exposition. De nouvelles œuvres peuvent voir le jour pendant toute la durée de l'exposition.



 

Vos retours



Nous espérons que cet article vous a plu. N'hésitez pas à nous laisser un commentaire. Nous nous ferons un plaisir d'interagir avec vous.

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