Chédigny : Village classé "Jardin remarquable"
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Il faut arriver à Chédigny au mois de mai, quand les roses débordent des façades et que les ruelles semblent respirer au rythme des floraisons. La route traverse les paysages tranquilles du sud Touraine, entre champs, bosquets et petits villages de pierre blonde. Puis soudain, quelque chose change. Les voitures ralentissent. Les regards aussi. À Chédigny, on n’entre pas simplement dans un village : on pénètre dans un jardin vivant.
Dès les premiers pas, le parfum des roses anciennes enveloppe les visiteurs. Les façades de tuffeau disparaissent sous les lianes fleuries, les massifs débordent sur les rues, les glycines répondent aux pivoines, les iris se mêlent aux sauges et aux népétas. Tout semble pousser ici avec une générosité presque irréelle. Au printemps, le village devient une explosion de couleurs.
Et pourtant, ce décor n’a rien d’un parc figé ou d’un jardin conçu pour les touristes. Chédigny est avant tout un village habité. Un village qui a choisi, il y a plus de vingt ans, de remettre la nature au cœur de son quotidien.
Je vous embarque avec moi pour découvrir le charmant village de Chédigny, son histoire et comment un homme a eu une idée folle ...
Bienvenue à Chédigny.

Sommaire
Chédigny, le village où les roses ont remplacé les trottoirs
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Chédigny, le village où les roses ont remplacé les trottoirs
Au printemps, certains villages se couvrent de fleurs. À Chédigny, ce sont les fleurs qui semblent avoir construit le village.
En arrivant dans cette petite commune du sud Touraine, le regard ne sait plus où se poser. Des roses anciennes grimpent le long des façades de pierre, débordent des portails, s’enroulent autour des fenêtres. Les ruelles disparaissent presque sous les massifs de vivaces. Ici, il n’y a plus vraiment de séparation entre les jardins privés et l’espace public : tout semble pousser librement, comme si la nature avait doucement repris possession du village.
Au mois de mai, Chédigny devient un véritable tableau vivant. Les parfums flottent dans l’air tiède, les abeilles bourdonnent autour des pivoines et des sauges, tandis que les habitants échangent quelques mots au détour d’une allée fleurie. On avance lentement, presque instinctivement. Parce que ce village invite à ralentir.
Difficile d’imaginer qu’autrefois, ces rues étaient bordées de simples trottoirs et traversées par les voitures. Pourtant, grâce à une idée visionnaire et à l’implication de ses habitants, Chédigny est devenu aujourd’hui le seul village de France classé “Jardin remarquable”. Un lieu unique où les roses ont transformé bien plus que le paysage : elles ont changé toute une manière de vivre ensemble.
Un village transformé par une idée simple : rendre la rue aux habitants
L’histoire de Chédigny ressemble à un conte contemporain. Dans les années 1990, ce petit bourg tourangeau traversé par les voitures perd peu à peu son âme. Comme tant d’autres villages ruraux, les rues deviennent des axes de circulation plus que des lieux de vie. Alors le maire de l’époque, Pierre Louault, passionné de roses anciennes, imagine une autre manière d’habiter le village : supprimer les trottoirs et les remplacer par des massifs fleuris.
L’idée paraît folle. Pourtant, en 1998, les premiers rosiers sont plantés. Quelques pavés retirés suffisent à voir apparaître les premières lianes grimpantes le long des murs. Puis vient le grand chantier : enfouissement des réseaux, suppression progressive des trottoirs, création de plates-bandes végétales dans tout le village.
À Chédigny, la fleur a remplacé le béton.
Les habitants se prennent alors au jeu. Chacun plante, entretient, ajoute des vivaces, des arbustes, des bulbes. Le village devient une œuvre collective. Ici, les jardins ne s’arrêtent pas aux clôtures des maisons : ils débordent dans la rue, créent du lien, invitent à ralentir.
Aujourd’hui encore, cette dimension humaine frappe immédiatement. Rien n’est ostentatoire. On sent que les fleurs poussent autant pour les habitants que pour les visiteurs. Des bancs apparaissent sous les rosiers. Des habitants discutent devant les portails. Les chats dorment à l’ombre des lavandes. On ne visite pas Chédigny comme un site touristique ; on s’y promène comme dans un village rêvé.
Le seul village de France classé “Jardin remarquable”
Cette métamorphose végétale a fini par attirer l’attention bien au-delà de la Touraine. En 2013, Chédigny devient le premier village de France à recevoir le label national « Jardin remarquable », une distinction habituellement réservée aux grands parcs et jardins historiques.
Ce qui a séduit le jury, ce n’est pas seulement la beauté florale du lieu. C’est aussi l’esprit du projet : un village pensé comme un espace de partage et de mieux vivre ensemble.
Aujourd’hui, Chédigny compte près d’un millier de rosiers, des centaines d’arbustes et plusieurs milliers de plantes vivaces. Mais les chiffres importent finalement assez peu face au ressenti. Car ici, tout est question d’atmosphère.
Au mois de mai, les roses anciennes commencent leur grand spectacle. Certaines grimpent jusqu’aux fenêtres, d’autres forment des arches parfumées au-dessus des ruelles. Les couleurs passent du blanc crème au rose poudré, du rouge profond aux nuances abricot. À chaque détour, une nouvelle scène apparaît.
Le matin, quand le village est encore calme, on entend les oiseaux dans les massifs. En fin d’après-midi, la lumière dorée du soleil glisse sur les pétales et les murs de pierre. Et partout flotte cette odeur délicate des roses anciennes, plus subtile et plus profonde que celle des variétés modernes.
Le jardin du presbytère, un refuge hors du temps
Au cœur du village se cache une autre merveille : le jardin du presbytère.
Derrière les murs de l’ancien presbytère, ce jardin entièrement restauré recrée l’esprit des jardins de curé d’autrefois. Réaménagé en 2017 avec l’aide de spécialistes des jardins historiques, il mêle plantes médicinales, aromatiques, fleurs anciennes et potager nourricier.
Ici, la visite devient presque sensorielle.
On traverse d’abord les carrés de simples où poussent sauge, hysope, mélisse, camomille ou angélique. Les feuillages dégagent des parfums puissants sous le soleil de mai. Plus loin, les fleurs du jardin bouquetier attirent les abeilles dans un bruissement continu.
Le potager complète cet ensemble avec ses légumes anciens, ses fruitiers palissés et ses allées soigneusement dessinées. Rien n’est laissé au hasard, mais tout paraît naturel. On retrouve dans ce lieu l’esprit des jardins monastiques : un espace à la fois nourricier, médicinal et contemplatif.
L’endroit invite au silence. On s’assoit volontiers quelques minutes sous la tonnelle végétale pour écouter le vent dans les feuilles ou observer les insectes butiner les fleurs.
Tarif : 3€ l'entrée
Une visite à vivre au rythme du printemps
Chédigny est beau toute l’année, mais le mois de mai reste sans doute le moment le plus magique pour le découvrir. Les premières grandes floraisons explosent alors dans tout le village, avant le pic de juin où les roses atteignent leur apogée.
Le meilleur conseil est probablement de ne rien prévoir ici. Oublier la montre. Marcher lentement. Lever les yeux. S’arrêter devant un rosier ancien qui déborde d’une façade. Respirer.
Le village se découvre sans itinéraire précis. Chaque rue réserve une surprise : une arche fleurie, une maison noyée sous les roses, un portail caché derrière les glycines, une perspective sur le clocher entouré de végétation.
Bon plan EspritGlobeTrotteuse : Depuis plusieurs années, je soutiens l'artisanat français. Aussi, je porte au quotidien les bijoux de la marque Lazuli Bijou. Sa spécialité ? Les bijoux créés à partir de pierres naturelles non traitées. Modernes, stylés et intemporels, ils s'associent avec chacune de vos tenues, s'adaptent à chacun de vos évènements. Perso, je ne peux plus m'en passer. N'hésitez pas à découvrir sa petite boutique. |
Dans une époque où beaucoup de villages cherchent à se réinventer, Chédigny offre une réponse simple et profondément inspirante : remettre du vivant partout où l’on peut.
Et lorsque l’on quitte le village, une impression demeure longtemps. Celle d’avoir traversé un lieu rare, où les fleurs n’ont pas seulement embelli les rues, mais changé la manière de vivre ensemble.
Visiter la campagne alentour en mobylette
Après la visite à pied de Chédigny, c'est une découverte motorisée de la campagne environnante que je m'apprête à faire. Accompagnez moi dans cette aventure en 2 roues.
Sur les routes du Val de l’Indre en mobylette vintage : ma virée (presque) maîtrisée avec Anne-Marie
Avant même de démarrer, le plus difficile commence : choisir sa mobylette.
Alignées devant nous, les petites reines vintage des années 70 affichent leurs couleurs acidulées et leurs chromes brillants avec un charme absolument irrésistible. Bleu ciel, jaune poussin, vert amande, rouge flamboyant… Elles ont toutes une personnalité. Et ici, chez “Les Mobylettes de Marinette”, chaque engin porte même un prénom. Impossible de ne pas s’attacher immédiatement.
Moi, évidemment, j’ai un critère très personnel et non négociable : pouvoir poser les pieds par terre.
L’expérience m’a appris que lorsqu’il s’agit de deux roues, mieux vaut rester humble. Très humble même. Car vous commencez à me connaître : les véhicules à deux roues et moi entretenons une relation… compliquée. Vélo, scooter, mobylette, moto : motorisés ou non, nous ne sommes pas franchement en phase.
Mais après une première expérience réussie dans le Luberon, j’ai décidé de retenter l’aventure.
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C’est donc avec Anne-Marie, petite mobylette rouge au look délicieusement rétro, que je pars explorer les paysages du Val de l’Indre. Et franchement, je l’aime déjà beaucoup, Anne-Marie.
Le charme délicieusement rétro des mobylettes de Marinette
Il y a quelque chose d’incroyablement joyeux dans ces vieilles mobylettes. Dès qu’on grimpe dessus, on a l’impression de remonter le temps. Le design arrondi, les selles vintage, le bruit du moteur qui pétarade doucement… Tout rappelle les départs en vacances d’une autre époque, les routes de campagne et les étés sans GPS.
Après quelques explications de prise en main (accélérer, freiner, respirer, ne pas paniquer) nous voilà partis sur les petites routes du Val de l’Indre.
Et finalement… ça roule.
Traverser le Val de l’Indre autrement
Très vite, la campagne tourangelle défile autour de nous. Contrairement à une voiture, la mobylette oblige à ralentir. À regarder. À sentir.
Le vent vient fouetter le visage. Les odeurs changent au fil des kilomètres : l’humidité des sous-bois, les champs chauffés par le soleil, la terre après une averse récente. Et puis il y a cette sensation de liberté étonnante, même à 50 km/h.
Bon… il y a aussi les moucherons que l’on avale au passage. L’expérience sensorielle est totale.
Nous traversons des vallons verdoyants, longeons des forêts, empruntons de petits chemins de campagne bordés de fleurs sauvages. Par moments, le moteur d’Anne-Marie vrombit un peu plus fort dans les montées avant de redescendre tranquillement dans les descentes.
La balade dure environ deux heures, mais il existe aussi un itinéraire plus long permettant de rejoindre Loches sur une demi-journée. Pour notre part, nous avons préféré garder la découverte de la cité médiévale pour le lendemain, à pied cette fois-ci ; un moyen de locomotion que je maîtrise nettement mieux.
Au fil de la route, nous rejoignons également Chédigny, ce village-jardin absolument magique où les roses envahissent les ruelles au printemps. Arriver là-bas en mobylette vintage donne encore plus l’impression d’être dans une parenthèse hors du temps.
Une pause bucolique au bord de l’eau
L’un des plus jolis moments de cette balade reste sans doute notre arrêt près d’un petit pont romain.
Enfin… “romain”, c’est ce qu’on raconte. Impossible de savoir avec certitude s’il l’est vraiment, mais honnêtement, peu importe. Le lieu est tellement charmant qu’on a immédiatement envie d’y croire.
Le pont en pierre traverse une rivière paisible entourée de végétation. L’eau reflète les arbres, quelques oiseaux chantent dans les branches et le temps semble suspendu.
C’est le genre d’endroit où l’on coupe le moteur naturellement pour profiter du silence. On s’assoit quelques minutes au bord de l’eau, casque posé à côté de soi, simplement heureux d’être là.
Ces pauses-là font partie intégrante du voyage.
Le moment où tout a basculé… littéralement
Et puis évidemment, il fallait bien que mon incroyable talent naturel pour les deux roues se manifeste à un moment donné.
Tout allait pourtant parfaitement bien.
J’étais presque fière de moi.
Jusqu’à ce fameux rond-point.
En plein milieu, Anne-Marie décide soudainement de rester bloquée en accélération. Une information que mon cerveau met environ trois secondes de trop à traiter. Ce qui nous amène directement vers un trottoir que nous heurtons avec une certaine conviction avant de terminer notre course au sol dans une chorégraphie peu académique.
La chute est spectaculaire. Élégante, beaucoup moins.
Heureusement, une amie qui roulait derrière sécurise immédiatement les lieux pendant que les voitures passent à proximité. Moi, je me relève un peu sonnée mais globalement entière. L’adrénaline fait bien les choses : sur le moment, je ne sens presque rien. Ce n’est qu’au soir venu que mes bleus décideront de se révéler dans toute leur splendeur.
Mais plus de peur que de mal.
Enfin… même la peur n’a pas vraiment eu le temps d’arriver.
Et contre toute attente, je remonte sur Anne-Marie.
Anne-Marie 1 — Sandrine 0
Verdict officiel de cette aventure : Anne-Marie : 1 - Sandrine : 0
"Décidément, mon cœur, je te préfère largement en conducteur et moi confortablement installée derrière."
Je ne suis clairement pas encore prête à passer un permis deux roues. Mais malgré cette petite rencontre rapprochée avec le bitume, je retiens surtout le plaisir immense de cette balade.
Parce qu’il y a quelque chose d’unique dans cette façon de découvrir le Val de l’Indre. La lenteur du trajet. Le bruit du moteur. Le vent sur le visage. Les paysages qui défilent sans vitre entre eux et nous.
La mobylette oblige à vivre la route autrement. Plus intensément. Plus simplement aussi.
Et finalement, même avec quelques bleus au passage, je crois bien qu’Anne-Marie et moi avons vécu une très belle aventure.
Tarif : 70€ / personne pour 3h30 de balade sur le circuit "On n'est pas rendus à Loches".
Réservation : Les Mobylettes de Marinette

Infos pratiques pour organiser sa visite de Chédigny
Quand y aller ?
Pour profiter au maximum de la floraison du village jardin de Chédigny, je vous conseille d'y aller en mai-juin. Du reste, c'est fin mai qu'a lieu la fête des roses, temps fort de la saison. Mais pas d'inquiétude, vous trouverez encore de nombreuses fleurs durant l'été. Les plantations sont faites afin que la floraison s'étale jusqu'à l'automne. Pour le potager, le printemps, c'est trop tôt. Je vous conseille d'y aller en aout où là, vous aurez de nombreux fruits et légumes à contempler.
Comment se déplacer ?
Nous avons pris l'option de venir en train jusqu'à Tours puis de louer une voiture pour nous déplacer dans la région. Ce qui est pratique à Chédigny, c'est que vous vous garez à l'entrée du village puis la visite se fait à pied. Si vous avez été attentif, la rue principale du village est piétonne, ce qui est très agréable pour déambuler dans les petites ruelles, découvrir les maisons fleuries, prendre le temps de humer les fragrances des roses ...
Où manger ?
Je vous ai dégoté une magnifique adresse pour prendre un brunch ou un tea-time. Regardez moi ça !
Après avoir flâné dans les ruelles fleuries de Chédigny et découvert le magnifique jardin du curé, difficile de rêver meilleure pause qu’un tea-time au Presbytère Maison Flore.
Installés sur la terrasse paisible qui surplombe le jardin, le temps semble soudain ralentir. Devant nous, les massifs débordent de fleurs, les parfums de roses flottent encore dans l’air tiède et le calme du village enveloppe l’instant d’une douceur presque méditative.
Sur la table, de quoi se régaler autant en salé qu’en sucré : quelques douceurs maison, des bouchées délicates à partager et surtout cette eau aromatisée au citron et au romarin, incroyablement fraîche et parfumée. Un détail simple, mais qui résume parfaitement l’esprit du lieu : raffiné sans prétention, généreux et profondément apaisant.
Un moment suspendu, comme une prolongation naturelle de la visite de Chédigny. Ici, on ne vient pas seulement pour manger ou boire un thé. On vient savourer l’atmosphère.
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