Bourgogne - 1 Week-End d'automne à Beaune



Mi-octobre, les jolies couleurs d'automne commencent à ressortir dans les paysages de vignes. Quelques régions de France offrent de tels horizons orangés. Mais c'est vers la Bourgogne que notre choix s'est orienté.


Et pour cause, rien qu'en citant les noms de Montrachet, Romanée-Conti, Clos de Vougeot, Corton, Musigny, Chevalier-Montrachet, Chambertin ..., cela nous évoque immédiatement des Grands Crus de Bourgogne. Et même pour moi qui ne bois pas d'alcool (mon homme est tellement désespéré de ce manque de savoir vivre), ça sonne doucement aux oreilles.


La Bourgogne, ce n'est pas que des vignes et du vin. C'est aussi Beaune et ses hospices, ce sont ses châteaux, ou même encore la moutarde ...

C'est ce que je vous propose de découvrir avec moi, durant ce week-end de découvertes autour de Beaune.



Sommaire



Notre itinéraire



Comme il est toujours plus facile de se repérer à l'aide d'une carte, voici un aperçu des points d'intérêt visités lors de notre week-end découverte en Bourgogne, autour de Beaune.




Beaune


Lors de ce week-end en Bourgogne, nous avons fait route vers le Sud du département de la Côte d'Or et plus précisément vers Beaune. Cette ville n'est-elle pas connue pour ses grands vins ainsi que pour ses hospices ? Mais pas que ...



  • Vieille ville

Rien de tel que de démarrer cette découverte par un tour dans la vieille ville. Et en ce samedi matin, jour de marché, nous nous rendons aux Halles.

C'est surtout autour de cet imposant bâtiment que l'ambiance se fait la plus sentir. Ici, on trouve des marchands en tous genres : fruits et légumes, miel, plats préparés, mais aussi habits, babioles ... Un peu plus loin, on trouve même une brocante. De quoi faire le bonheur de Jean.

A l'intérieur des Halles, je suis quelque peu déçue. Je m'attendais à une architecture magnifique mais non, tout est aseptisé et froid. Je ne ressens pas l'âme chaleureuse de Beaune. Quel dommage !


Notre balade nous emmène à la Basilique Collégiale Notre Dame de Beaune. Il s'agit d'un monument incontournable de la ville. D'inspiration clunisienne, son histoire remonte au XIIe siècle.


Point culture :

C'est au XIIe siècle, période des croisades, que des pèlerins et chevaliers venant de toute l'Europe empruntent les chemins de Bourgogne afin de se rendre à Jérusalem. C'est ainsi que les ducs de Bourgogne et le clergé local prennent la décision de construire une plus grande église, dédiée à la Vierge.

Une fois sa construction terminée, l'église va accueillir un collège de chanoines vivant en communauté. Au nombre de 30, ils habitent dans de petites petites maisons situées tout autour de l'église. On peut encore en observer dans les rues d'Enfer, Maizières ... A cette époque, l'église forme une cité religieuse, une ville dans la ville.

Dans cette basilique, j'ai été frappée par la beauté des vitraux en noir et blanc avec une touche de jaune. Une telle finesse dans les dessins que le peu de couleur n'altère pas.


On poursuit nos pérégrinations en découvrant les remparts mais aussi d'autres bâtiments anciens de la ville. C'est ainsi que l'on s'arrête devant le beffroi de la ville qui date du XIVe siècle. Il est possible de le visiter. Pour cela, il faut prendre rendez-vous avec l'office du tourisme. A l'arrière, un petit parc permet de prendre un peu de recul pour admirer cet édifice dans un cadre plus nature.

Revenons vers les Halles où l'on découvre de magnifiques façades de maisons en pierre de taille, à fenêtres à meneaux. Des boutiques ont investi le rez-de-chaussé tandis que des habitations sont encore présentes aux différents étages.

Tout près, un autre bâtiment emblématique de Beaune peut être contemplé : la Maison du Colombier.

Point culture :

On y trouve une tour octogonale en forme de poivrière, mais aussi deux portes (une cochère et une piétonne) qui sont caractéristiques des maisons de négociants en vin. Mais pourquoi ce nom de Maison du Colombier ? Jetons un œil sur la petite ouverture au sommet de la tourelle d'angle, par laquelle on pouvait observer les allées et venues de petits oiseaux.


Nos pas nous mènent maintenant à l'Hôtel des Ducs de Bourgogne. Les bâtiments encore debout aujourd'hui sont une toute petite partie de l'ensemble des propriétés ducales qui occupaient la moitié sud-est du castrum (ville fortifiée). On ne sait pas véritablement à quand remontent les origines du domaine ducal de Beaune en raison du manque de témoignages archéologiques et historiques. Néanmoins, la première mention d'une "curia" (cour du roi) à Beaune daterait de 1005.

On remarque différents types de bâtiments :

  • la demeure ducale (XVe siècle) en pierres de taille et fenêtres à meneaux protégée dans un espace bien clos (on pénètre dans la propriété par un grand portique)

  • un grand corps de logis (XVe et XVIe siècles) à pans de bois desservi par une tourelle d'escalier octogonale. Sur la droite de celle-ci une galerie dessert l'ensemble des pièces supérieures du logis.

  • une grange (XIVe et XVe siècles) sur deux niveaux permettait d'abriter les chevaux et le foin. Aujourd'hui, le domaine abrite le Musée du Vin de Bourgogne. Cet espace, appelé cuverie, présente de grands pressoirs à raisins.

Le Musée du Vin se visite. Nous ne l'avons pas intégré à notre programme puisque nous avions prévu des visites de caves mais n'hésitez pas, ça vaut le coup.

Bon plan :

Allez-y à l'heure de fermeture de la billetterie, vous aurez encore 30 minutes pour contempler les bâtiments sans avoir à payer de billet d'entrée.

Tarif : 5€/pers


Impossible de passer à Beaune sans en découvrir son plus illustre bâtiment : les Hospices Civils.

Avant de vous en faire la visite, il est important d'en apprendre sur son histoire. Pour cela, rien de mieux qu'un ...


Point culture :

L'Histoire des Hospices Civils de Beaune commence en 1443, grâce à la volonté de Nicolas Rolin et de Guigone de Salins de construire un hôpital. Pour ce faire, les fondateurs font œuvre de charité chrétienne, instituant ainsi une tradition qui permet aux Hospices de Beaune de traverser les siècles dans les meilleures conditions.

Remarquablement conservé, l'Hôtel-Dieu de Beaune est un des rares témoignages de l'architecture civile de la fin du Moyen-Age.


  • Une œuvre charitable

A la fin de la Guerre de Cent Ans (1337-1453), Beaune souffre de misère et de famine ; tant et si bien que les 3/4 des habitants de la ville sont sans la moindre ressource. Afin de racheter leur Salut, le Chancelier et sa femme décident alors de créer un asile (hôpital) pour les "Pôvres", qu'ils dotent d'une généreuse rente annuelle - grâce aux salines - et de ressources propres - en favorisant les donations telles que les vignes.


En 1452, l'Hôtel-Dieu accueille son premier nécessiteux. Dès lors, et ce jusqu'au XXe siècle, les Dames hospitalières des Hospices de Beaune, des femmes "pieuses et de bonne conduite", prennent soin des nombreux malades. Rapidement, l'Hôtel-Dieu acquiert une grande renommée ; initialement pensé pour les pauvres, ce sont tout autant de nobles et de bourgeois qui s'y succèdent dans des chambres individuelles. A travers leurs dons, ces derniers permettent l'agrandissement et l'embellissement de l'hôpital, mais aussi la constitution d'un considérable trésor d’œuvres d'art. L'Hôtel-Dieu est ainsi un véritable "Palais pour les Pôvres". Ce n'est qu'en 1971 que ses fonctions médicales sont transférées hors du cœur de la ville.


  • Patrimoine et domaines viticoles

L'Originalité de cette institution hospitalière se situe dans l'importance et la nature de son patrimoine qui comprend, d'une part, un monument historique - "l'Hôtel-Dieu" - et, d'autre part, deux prestigieux domaines viticoles gérés indépendamment et exploitant les meilleures appellations de Bourgogne : le domaine des Hospices de Nuits-Saint-Georges et le domaine des Hospices de Beaune.


Les vignes exploitées proviennent de legs ou de donations de généreux bienfaiteurs de la région. Le fruit de ce travail est commercialisé chaque année au cours de deux ventes aux enchères. La vente des vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges a lieu le deuxième dimanche de mars ; celle des Hospices de Beaune, quant à elle, se déroule lors du troisième dimanche de novembre. Tous les ans, lors de la vente, une pièce de vin (tonneau de 228 litres) est mise en vente au profit d'une ou plusieurs associations caritatives représentées par une ou plusieurs personnalités célèbres.


Ainsi par son patrimoine exceptionnel, cette institution hospitalière joue un rôle de premier plan dans les activités majeures du territoire : le tourisme et le vin ...



Je vous propose désormais de partir à la découverte du musée de l'Hôtel-Dieu.


  • Un Palais pour les Pôvres

Nous retrouvons dans la composition des bâtiments de l'Hôtel-Dieu l'influence de l'architecture du Nord de la France et des Flandres, résultats des multiples séjours qu'effectue Nicolas Rolin dans ces territoires alors soumis à l'autorité du Duc de Bourgogne. C'est d'ailleurs à Bruxelles que le chancelier fait la connaissance du peintre Rogier van der Weyden, à qui il commande le polyptyque du Jugement Dernier.


Toutefois, pour l'édification de son Hôtel-Dieu - l’œuvre de sa vie -, Nicolas Rolin fait appel à des artisans beaunois. Nous pouvons alors citer : Jean Rateau, maître-maçon et Guillaume La Rathe, maître-charpentier à qui nous devons la flèche et la charpente de la salle des Pôvres. L'imposante toiture en ardoise du bâtiment sur rue est restaurée de 2007 à 2009, et les girouettes redorées à la feuille. Du haut de ses 50 mètres, la flèche signale l'entrée de l'Hôtel-Dieu, protégée par un audacieux auvent qui défie la loi de l'attraction.


  • Le circuit de visite

En plein cœur du centre-ville de Beaune, depuis la place de la Halle, l'entrée dans l'Hôtel-Dieu se fait, à pied, par un portail souligné par l'auvent. Cet immense vaisseau en pierre de taille couvert d'une imposante toiture d'ardoise, abrite l'illustre salle des Pôvres. Quant aux toits en tuiles vernissées, aux motifs géométriques et aux couleurs flamboyantes, ponctués de grandes lucarnes, ils garnissent les bâtiments sur la cour intérieure.


Constamment entretenu et préservé, l'Hôtel-Dieu est un des rares exemples de l'architecture civile de la fin du Moyen-Age. Ses salles conservent une remarquable collection de meubles, de tapisseries, ainsi que d’œuvres d'art du XVe siècle, dont le célèbre retable du Jugement Dernier, chef-d’œuvre peint par Rogier van der Weyden, le plus grand peintre de Bruxelles.


Classé monument historique en 1862, l'ensemble des bâtiments qui entourent la cour d'honneur n'accueille plus aucun malade depuis 1984. Désormais, le musée Hôtel-Dieu, joyau de l'architecture médiévale bourguignonne, reçoit plus de 400.000 visiteurs par an ! Fidèles à la tradition hospitalière, il est ouvert tous les jours.


  • La cour d'honneur

La cour de l'Hôtel-Dieu offre certainement l'image la plus connue des Hospices de Beaune : celle des toits recouverts de tuiles polychromes en terre cuite qui dessinent d'extraordinaires figures géométriques.


Les deux ailes de bâtiment sont surmontées de multiples lucarnes dont les sculptures et les décors de plomb constituent de véritables œuvres d'art. Les sœurs hospitalières assurent leur service à l'abri des intempéries grâce à deux galeries superposées. Leur chaude polychromie de bois et de terre cuite contraste avec l'aile opposée.


En effet, le bâtiment donnant sur la rue est construit en pierre de taille et couvert d'une imposante toiture d'ardoise. Si aujourd'hui cela semble sobre et austère, au XVe siècle, ces matériaux étaient beaucoup plus nobles que le bois et les tuiles de la cour intérieure. Au milieu de la cour, le puits offre un bel exemple de l'élégance de la ferronnerie gothique. Il assurait l'approvisionnement en eau de l'hôpital.


  • La Salle des Pôvres

Par la volonté des fondateurs, il y règne une sérénité qui ne saurait laisser insensible. Inaugurée le 31 décembre 1451, elle conserve ses dimensions impressionnantes d'origine : 50m de long, 14m de large et 16m de haut. De chaque côté de la salle, les lits clos par d'épais rideaux en draps de laine rouge permettent à deux malades d'y être installés.


Ornée de poutres richement décorées, les dragons multicolores crachant les poutres traversières évoquent les monstres de l'Enfer. Par endroit, le carrelage comme les vitraux et autres décors muraux arborent le monogramme de Nicolas Rolin et Guigone de Salins. La devise "Seule Étoile" qui les accompagne symbolise le fait que Guigone était la seule dame des pensées de son mari. Au-dessus de la grande porte se tient un remarquable Christ aux Liens entièrement poly-chromé, attribué à Jan Broman, sculpteur flamand (daté de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle).


La chapelle fait partie intégrante de la Salle des Pôvres et incarne la parfaite symbiose entre la religion et les soins à l'Hôtel-Dieu puisqu'elle permettait aux pensionnaires d'assister aux offices sans avoir à se déplacer.


C'est ici qu'était exposé à l'origine, sur le maître-autel, le retable du Jugement Dernier. Guigone de Salins est inhumée dans un caveau sous la chapelle, signalé par une simple plaque de bronze au centre de celle-ci.


  • La cuisine

La cuisine fonctionne avec un équipement moderne jusqu'en 1985 pour les pensionnaires de la maison de retraite. Aujourd'hui, elle retrouve son aspect du début du XXème siècle avec son piano, ce grand fourneau muni de deux robinets d'eau chaude en forme de cols de cygne. La vaste cheminée gothique à deux foyers demeure la pièce maîtresse. Son âtre est tapissé des fameux carreaux frappés de la devise "Seule Étoile". Le cromale - cette grande potence articulée - permet de rapprocher ou d'éloigner les chaudrons du feu.


Mais l'élément le plus spectaculaire de cette cuisine est le tournebroche en fer forgé installé en 1698, animé par un petit automate, appelé "Messire Bertrand". Celui-ci, en costume traditionnel de "maître-queue" - grandes bottes molles, haut-de-chausses blancs, justaucorps rouge à boutons dorés et bonnets blanc au bord relevé - tourne la manivelle en veillant sans cesse aux activités de la cuisine.


  • La Pharmacie (l'Apothicairerie)

Les apothicaireries n'apparaissent qu'à la fin du Moyen-Age dans les hôpitaux. La science pharmaceutique est encore balbutiante et a recours aux ingrédients les plus divers issus du monde minéral, animal, végétal. Des plantes sont d'ailleurs cultivées sur place, dans le jardin dit "des simples" situé à l'arrière de l'apothicairerie. Dans l'officine, les étagères présentent une collection de 130 pots de faïence datés de 1782, dans lesquels étaient conservés les pommades, huiles, pilules ou sirops. Les pots en verre (du début du XIXe siècle) contiennent encore des noms "spécifiques" dont certains aujourd'hui laissent dubitatifs ... : poudre de cloportes, yeux d'écrevisses, poudre de noix vomiques, élixir de propriété, sang dragon ...


  • Le Polyptyque du Jugement Dernier

Commandé par le Chancelier Rolin, ce retable du milieu du XVe siècle est attribué à l'artiste flamand Rogier Van der Weyden. Représentant le Jugement Dernier, il était à l'origine installé sur le maître-autel de la chapelle et n'était ouvert à la vue des malades que les dimanches et les jours de fêtes.


Ce chef d’œuvre est aujourd'hui exposé dans une salle spécialement conçue pour lui, afin de le préserver des influences de la lumière et des variations d'humidité relative, préjudiciables à la bonne conservation de cette œuvre peinte sur bois ...


Haut de 2,25m et large de 5,46m, il se compose de neuf panneaux, dont six sont peints des deux côtés.


Au centre apparaît le Christ, somptueux dans sa robe pourpre. Sa main droite levée, tenant un lys, fait signe aux élus. A l'inverse, sa main gauche est baissée en signe de désapprobation. A ses pieds, les quatre anges annonciateurs entourent l'Archange Saint Michel. Resplendissant dans le contraste de sa robe blanche et de son manteau écarlate, le visage impassible, il pèse l'âme des ressuscités.


Sur le retable fermé, Nicolas Rolin et Guigone de Salins apparaissent, agenouillés en prière, se faisant face, tandis que sont représentés en trompe-l’œil l'Annonciation, Saint Sébastien - patron de chevalerie du Chancelier -, et Saint Antoine (accompagné de son cochon) - patron de l'Hôtel-Dieu et de Guigone de Salins.


Tarif : 10€




Après cette découverte architecturale et historique de Beaune, je vous propose de nous intéresser à deux savoirs-faire emblématiques de la région Bourgogne.


Nous allons commencer par une dégustation de vin à la Maison Bouchard Aîné & Fils.


A l'accueil, c'est Anne qui nous reçoit. En ces premiers jours d'automne, il y a affluence au domaine.

C'est en effet la période privilégiée pour découvrir la région avec ses belles couleurs d'automne. Les vignes se parent de magnifiques nuances dorées à rouge. Les vendanges ont eu lieu et quoi de plus tentant que de venir déguster une bonne bouteille de Bourgogne.

Pour toute personne qui veut en apprendre plus sur le vin, rien de tel qu'une découverte au travers d'une dégustation dans une grande maison.


C'est donc auprès de Anne et de la Maison Bouchard Aîné & Fils que nous allons faire cette dégustation. Période Covid oblige (ou pas), on nous remet à chacun un verre gravé des armoiries de la Maison, que l'on gardera en souvenir de cet instant.

La visite peut commencer. Nous suivons notre guide, traversant de jolies pièces de la propriété, non destinées à la visite, jusqu'à ouvrir une porte donnant sur un escalier descendant. Des portraits de famille nous guident vers le saint des saints : les caves du domaine. Les choses sérieuses peuvent commencer.


Aussitôt arrivés dans la première salle, Anne nous verse un verre de Saint-Véran. Il s'agit d'un vin doux. Pour une première dégustation, cela me plait bien. Il n'est que 10h30 du matin, il faut y aller doucement.

En plus des dégustations, tout au long de la visite, nous en apprenons un peu plus sur l'élaboration des vins. Nous nous trouvons ici, dans une salle où sont entreposés quelques tonneaux de vin. Anne nous indique qu'il ne s'agit plus des caves principales de la maison, celles-ci ayant été réaménagées à l'extérieur de Beaune dans des installations plus modernes.

Il faut savoir que ces tonneaux ne sont utilisées que le temps de 2 cuvées avant d'être revendues d'occasion, notamment pour l'élaboration de kir ou de vinaigre ...

"2 cuvées" ne signifie pas "2 années". 1 cuvée est le temps d'élevage d'un vin (autrement dit de vieillissement en cave avant mise en bouteille). En Bourgogne, l'élevage peut durer jusqu'à 24 mois après les vendanges. De fait, un tonneau peut donc être utilisé pendant 4 années. Il est possible de faire deux cuvées successives avec des vins de même robe (couleur : rouge ou blanc) ou une cuvée de blanc puis une cuvée de rouge dans le même tonneau mais jamais l'inverse. En effet, la seconde cuvée de blanc prendrait le tanin de la cuvée de rouge qui l'a précédée et serait dénaturée.


Pour nous rendre dans la seconde cave, nous passons par un couloir orné de milliers de bouteilles de chaque côté. En raison du Covid, les bouteilles n'ont pu être envoyées aux différents clients. Ces bouteilles sont déjà toutes vendues et partiront à destination du Japon, grand consommateur de vin.


Nous pénétrons dans une seconde salle où nous y faisons une nouvelle dégustation accompagnée d'explications. Ici, des outils sont accrochés aux murs. Ceux-ci nous permettent de mieux comprendre comment sont réalisées les vendanges, la mise en fut, l'élevage ... Mais dans cette pièce, il y a aussi un poster très instructif sur l'évolution de la couleur du vin en fonction de son âge. Saviez-vous que plus le vin est jeune plus sa robe est claire et qu'elle fonce avec les années ? Enfin, ça c'est valable pour les vins blancs et rosés. Ainsi un vin blanc aura une robe presque translucide lorsqu'il sera très jeune et pourra acquérir une magnifique couleur ambrée au bout d'une dizaine d'années.

Pour les vins rouges, le processus est différent. L'oxydation engendre une perte de couleur. Ainsi, un vin rouge jeune aura une belle robe pourpre, intense et sombre tandis qu'en vieillissant, sa robe va s'éclaircir, passant par le rouge foncé puis le rouge brique pour finir dans des tons plus clairs, ambrés.


Nouvelle salle, nouvelle dégustation ? Eh bien oui, nous voilà partis vers deux salles qui sont là pour éveiller nos sens. La première, où malheureusement nous ne nous arrêterons pas, est là pour nous faire vivre une expérience olfactive. Détecter les odeurs présentes dans le vin. Mais en raison du Covid, nous ne pourrons tester nos capacités de reconnaissance. Il faudra revenir ...

Dans la seconde salle, c'est le sens du toucher qu'il nous est demandé d'éprouver. En bouche, les vins laissent une texture, une impression de douceur ou au contraire de rugosité. Pour nous permettre de reconnaitre ces sensations, différentes pièces de tissu sont mises à disposition : de la soie, du velours, de la toile de jute et bien d'autres. Cette nouvelle expérience est très intéressante. A vivre les yeux fermés pour un ressenti plus intense. Dans cette même salle, ce sont de vieilles bouteilles qui sont rangées le long des murs. On peut ainsi découvrir un Pommard de 1911 et d'autres grands crus réputés. C'est un peu la caverne d'Ali Baba.


On remonte en surface pour la dernière dégustation, celle qui va clôturer cette visite. Et ce n'est pas une piquette qu'Anne nous propose. On termine en beauté avec un Grand Cru : Charmes-Chambertin. On ne pouvait rêver mieux et il faut dire que c'est assez rare de pouvoir déguster un tel vin lors d'une visite. Alors savourons... A ce propos, savez-vous qu'il existe 4 appellations différentes en Bourgogne ? Les voici par ordre croissant de qualité/renommée : vin de Bourgogne, Village, Premier Cru et Grand Cru. Ces appellations font référence à des parcelles et leur exposition. Ainsi une parcelle en plaine produira un vin de Bourgogne ou de Village, une parcelle sur des coteaux ayant une meilleure exposition au soleil et dont le sol sera mieux drainé aura une appellation Premier Cru ou Grand Cru. Bien sur, cela est aussi critère de qualité du vin produit. Mais ce que je ne savais pas, c'est que cette appellation ne change pas. Ainsi, même si une année est mauvaise, un Grand Cru restera un Grand Cru puisqu'il aura été produit avec les vins de la parcelle, qui elle, a cette appellation. Surprenant, non ?


C'est sur ces dernières explications que se termine notre visite dégustation, fort instructive à la fois en saveurs et en connaissances.

Tarif visite dégustation : 17€



  • La Moutarderie Fallot


Après la découverte des vins de Bourgogne, je vous propose de nous intéresser à une autre spécialité de la région : la moutarde.

A première vue, on s'imagine que l'on produit de la moutarde uniquement à Dijon, mais ce n'est pas entièrement vrai. En Bourgogne, on dénombre 4 moutarderies dont une à Beaune. Il s'agit de La Moutarderie Fallot.


Pour la petite histoire, La Moutarderie Fallot est une maison indépendante, familiale et bourguignonne depuis 1840, la seule encore située dans des bâtiments d'origine, à quelques pas des Hospices de Beaune.

Sophie nous accueille pour cette visite guidée dans le monde de la moutarde traditionnelle. Nous pénétrons dans une première pièce où un film est projeté. Question toute bête, mais savez-vous quelle forme a la moutarde ? Et bien, je n'y avais jamais réfléchi ... Le plant de moutarde se présente comme un plant de colza. Il s'agit de la même famille de plante. Il lui faut un an pour venir à maturité : semée en septembre, elle est récoltée à la fin de l'été. Il existe plusieurs variétés de moutarde : blanche,