Haute-Vienne - A la découverte d'un patrimoine d'art et d'histoire

Dernière mise à jour : 26 sept.



Il est des destinations sur lesquelles on ne s'arrête pas forcément. C'est mon cas pour la Haute-Vienne alors que j'y passe systématiquement pour aller voir mes parents en Charente. Aujourd'hui, on a tendance à tracer pour aller directement à la destination finale sans imaginer que l'on passe à côté de petites pépites.


Aussi, quand l'organisme Haute-Vienne Tourisme Terres de Limousin m'a invitée à découvrir Limoges et ses environs, je n'ai pas hésité longtemps. Je vous invite donc à me suivre dans mes pérégrinations à la rencontre de passionnés d'art et d'histoire et à la découverte de villes au riche patrimoine.



Sommaire



 

Notre itinéraire



Comme il est toujours plus facile de se repérer à l'aide d'une carte, voici un aperçu des points d'intérêt lors de notre découverte rapide de la Haute-Vienne.

C'est en partance pour le Cantal que nous avons réalisé ce mini road-trip.




Champagnac-la-Rivière



  • La Voie Verte des Hauts de Tardoire

On débute les festivités à seulement 35 kilomètres de chez mes parents, à Champagnac-la-Rivière. En fait, pas besoin d'aller bien loin pour découvrir déjà de jolis endroits. La campagne Limousine est si jolie. Ok, je ne suis peut-être pas très objective mais comment ne pas tomber sous le charme de ses pâturages, de ses villages de caractère ?

C'est à vélo que nous empruntons la voie Verte des hauts de Tardoire. Longue de 13 kilomètres, elle relie Châlus à Oradour sur Vayres. Cette voie, aménagée sur une ancienne voie ferrée, réservée exclusivement aux piétons et cyclistes, permet de découvrir de manière sécurisée le château de Chalus, la vallée de la Tardoire, un lavoir ou encore un séchoir à chanvre.

Tarif : 6€ pour 2h de location de vélo



  • Où dormir ? La Gare aux Oiseaux


Nous nous arrêtons devant la gare de Champagnac-la-Rivière, reconvertie en chambre d'hôtes. C'est ici que nous logeons pour la nuit. Baptisée sous le nom de la Gare aux oiseaux, cette jolie gare de campagne a encore gardé l'âme des lieux et son histoire. Jacqueline, la propriétaire de la chambre d'hôtes nous accueille avec beaucoup de gentillesse. Nous sommes très curieux d'en savoir plus sur ce site improbable. C'est ainsi qu'elle nous apprend qu'elle vivait à seulement 500m d'ici et que c'est en promenant son chien qu'elle a découvert cette gare abandonnée.


Point culture :

Jusqu'en 1932, la ligne ferroviaire permettait le transport de voyageurs. Mais en raison d'un trafic insuffisant, la ligne a été affectée au transport de marchandises, notamment pour l'industrie de décolletage (production de clous, vis ...) très présente dans la région. Cela a fonctionné jusqu'en 1987 où la gare a fermé.


Comme nous le relate avec humour Jacqueline, c'est lors d'un apéritif un peu trop arrosé qu'elle et son fils ont fait le projet fou de racheter les lieux pour en faire une chambre d'hôtes et un restaurant gastronomique.


C'est donc dans un lieu chargé d'histoire que nous pénétrons pour prendre nos quartiers. Le hall d'accueil possède toujours son guichet. Des affiches de la SNCF sont placardées au mur, un salon invite à la détente. De nombreux objets chinés nous replongent dans l'ambiance du voyage. Nous sommes prêts à déposer nos valises et à attendre l'arrivée du train. Comme on peut attendre longtemps, autant prendre une chambre pour la nuit ...

Certains diront qu'elles sont de style "vieillot"(d'après un commentaire fait à Jacqueline). Il n'en est rien. Le style est raffiné avec des objets dénichés en brocante, apportant une âme à la chambre. Nous avons tout le confort escompté : wifi, télévision, bouilloire pour se faire un thé ...

Quant à la salle de bain, voici justement la salle de bain de mes rêves. Cette baignoire à pieds est superbe. On a l'impression de faire un saut dans le temps, redonnant ses lettres de noblesse à cette pièce dédiée au bien-être.

Tarif : 78€ la nuitée, petit déjeuner compris



  • Où manger ? La Gare


En cette fin de journée, il est temps de découvrir le restaurant gastronomique tenu par Charles-Antoine, dénommé tout simplement La Gare. Situé dans l'ancien hall de marchandises, ces lieux ont été transformés en une magnifique salle de restaurant. On ressent toujours l'histoire du site mais dans un décor plus moderne, apporté par une note d'exotisme tant dans le choix des couleurs et matériaux que par les décors sur les murs ou tissus sur les fauteuils.

Mais plus qu'un décor, c'est aussi ce que l'on retrouve dans l'assiette qui fait la renommée d'un restaurant. Avant de découvrir la carte et nos choix en terme de plats, je vous partage le mot du chef.


"Quel plaisir de pouvoir vous retrouver. ENFIN !!!!!

Hors de question de se laisser envahir par l'angoisse. L'été est là, le soleil, la chaleur et l'envie aussi. [...]

Côté cuisine, l'inspiration est toujours bistrot, conviviale, elle nous ramène à nos "madeleines de Proust" tout en y ajoutant ma "patte" contemporaine. [...]

Il ne vous reste plus qu'à profiter de ce moment en notre compagnie.

Et comme disait Victor Hugo : "A TABLE, J'AI FAIM !""


Sur ces belles paroles, nos choix se portent sur les plats suivants :

  • Pour Monsieur

  • Entrée : La lisette confite à l'huile d'olives montée au fromage frais, feuilles de courgettes (Tarif : 9€)

  • Plat : Le poulpe : tentacule confite au chorizo, tranche de céleri en croûte de sel, souvenir du Pays Basque (Tarif : 19€)

  • Dessert : La revisite : un dessert de cuisinier autour de la cacahuète, du chocolat et du caramel (Tarif : 9€)

  • Pour Madame

  • Entrée : Les ravioles de saison : caviar d'aubergines, olives noires et courgettes croquantes, crème d'ail (Tarif : 9€)

  • Plat : Le veau : la noix roulée comme un saltimbocca, jambon des montagnes, sauge et mozzarella (Tarif : 19€)

  • Dessert : L'audacieux : caillé de chèvre de Champagnac, pêche au jasmin, miel et pollen (Tarif : 9€)

Je sens que j'ai réussi à vous mettre en appétit ...

Ce n'est pas pour rien que La Gare a été reconnue en tant que Restaurant de Qualité par le Collège Culinaire de France. Une autre distinction a été donnée par le célèbre guide Gault et Millau.


Après une nuit des plus agréables dans cette chambre d'hôtes en pleine nature, nous prenons un petit déjeuner bien copieux. Nous sommes fin prêts pour affronter cette journée de visites.




Limoges


  • Four des Casseaux

La réputation de Limoges n'est plus à faire. Connue mondialement pour sa porcelaine de qualité supérieure, c'est par la visite du Four des Casseaux que nous démarrons la découverte de la ville.


Mais quel rapport entre la porcelaine et le four des Casseaux ?

Les pièces, fabriquées à partir de Kaolin (matière constituant la porcelaine et disponible dans la région de Limoges) doivent être cuites pour gagner en solidité et résister au temps.

Idéalement situé, le quartier des Casseaux longe la Vienne, d'où cheminent les troncs de bois nécessaires à l'alimentation du feu pour la cuisson des pièces. C'est donc dans ce quartier que sont construits de nouveaux fours. En nombre de 9, ils vont être le symbole d'une industrie florissante, employant jusqu'à 10 000 ouvriers et ouvrières vers 1910.


Entrons dans le Musée du Four des Casseaux. Face à nous, une maquette nous permet de visualiser l'étendue de l'entreprise durant ses années de gloire. En plus des fours, des ateliers de confection, des bâtiments de stockage ..., on trouvait également des briqueteries nécessaires à la construction des fours. Il faut savoir aussi, que pour chaque cuisson, les portes étaient murées puis cassées après refroidissement du four. Il était donc nécessaire d'avoir un stock continu de briques pour le bon fonctionnement des fours.

Avançons un peu plus et pénétrons dans le bâtiment hébergeant le dernier four des Casseaux encore debout sur le site. Il a été classé Monument Historique en 1987 grâce à l'association Espace Porcelaine qui le sauve de la destruction. Seuls 4 fours de ce type existent encore à Limoges.


Dans la salle du bas, on peut contempler la partie basse du four. En effet, ces fours sont constitués de deux niveaux. Un niveau bas, en contact direct avec les foyers, qui monte à une température élevée permettant la cuisson de la porcelaine et un niveau haut, qui monte à une température moins élevée, adéquate à la première phase de préparation de la porcelaine : la déshydratation. Ce principe de flamme renversée est révolutionnaire à cette époque.


Une exposition temporaire permet de découvrir, à l'étage, des œuvres qui ont fait la notoriété de Limoges, tandis qu'au rez-de-chaussée, ce sont des œuvres contemporaines réalisées par des artistes d'aujourd'hui, basés sur Limoges et utilisant des techniques nouvelles.

On retrace ainsi 250 ans d'histoire de la porcelaine de Limoges.

Tarif : 4,50€




  • Tuktuk de Limoges

Après la découverte du savoir-faire de la ville, place à la visite de la cité. Et pourquoi ne pas faire ça de façon ludique ? Allez hop, on grimpe dans le TukTuk de Limoges. Parce que oui, Limoges a son TukTuk, même si ça peut paraître surprenant. Alors pas besoin que Lionel pédale, non, son engin électrique permet de se faufiler partout et en silence. Et Lionel dispose du pass magique qui lui donne accès même aux rues piétonnes et aux parcs. Quand on vous dit que c'est magique. C'est parti pour 1h de balade au sein de la cité, rythmée par des explications fort instructives de notre chauffeur.


On démarre la visite par l'hôtel de ville et sa jolie fontaine ornée d'émaux de Limoges. Tout au long de notre balade, nous remarquons que la ville a mis un point d'honneur à mettre en valeur le savoir faire local. C'est ainsi que nous trouvons des bancs en porcelaine dans les parcs et jardins, des émaux sur les façades de bâtiments ou encore de la porcelaine blanche en haut des poteaux.

On poursuit avec la cathédrale. Malheureusement, nous n'avons pas le temps de découvrir l'intérieur ni les jardins attenants. Cela nous donnera une raison de revenir, c'est certain.

On passe devant le Pavillon du Verdurier entièrement orné d'émaux de style Art Déco. Ce bâtiment servit initialement d'entrepôt frigorifique pour stocker la viande en provenance d'Argentine. Aujourd'hui, il s'agit d'un lieu d'expositions temporaires.

Nous empruntons de jolies petites ruelles qui nous emmènent dans des quartiers anciens aux maisons à colombages. Pour nous, Normands d'adoption, on est dans notre élément.

Au détour de ces ruelles, des boutiques et restaurants pleins de charme. Et là, surprise ! Une adorable serveuse sort de sa boutique et nous offre un assortiment de Madeleines Bébé aux chocolats noir, au lait et orange. Quelle délicate attention ! On ne s'y attendait pas du tout. Cela fera un très bon gouter...

Arrêt incontournable devant la Maison du Peuple, siège de la CGT. Jean est aux anges. Impossible de ne pas immortaliser l'instant.

C'est sur la BO des Tontons Flingueurs (sonnerie de téléphone de Lionel) que nous reprenons notre balade. Nous arrivons au village de la Boucherie. On s'arrête un moment, pour en apprendre plus sur les lieux.


Point culture :

Jusqu'au milieu du XXe siècle, six familles ont monopolisé la boucherie à Limoges. La Révolution française, en libérant le commerce, les laissa déplacer leurs étals de la place des Bancs, toute proche, à leurs maisons situées pour la plupart dans la rue de la Boucherie. Elle était devenue dès la fin du XIXe siècle une sorte d'attraction touristique citée dans tous les guides, au cœur d'un quartier pittoresque plein de saveurs.

Sauvée des démolitions du XXe siècle, elle est le lieu d'une grande fête de bouche chaque mois d'octobre, la Frairie des Petits Ventres.

La chapelle fut construite au XVe siècle pour abriter les reliques de Saint- Aurélien, patron de la confrérie des bouchers. Celle-ci en demeure propriétaire et en assure l'entretien, et il en va de même de la Vierge de pitié de la place.


Ce quartier est un vrai coup de cœur. Surtout ne manquez pas de vous y balader pour y percevoir toute l'ambiance de ses commerçants, de ses terrasses. C'est un lieu de vie comme on aime tellement en voir.

Après cette halte très sympathique, on remonte à bord de notre bolide, en passant par des ruelles étroites, jusqu'à atteindre les Halles. En plus de trouver les traditionnels stands disponibles dans tout marché, des petits commerces de bouche ont ouvert boutique nous invitant à une pause dégustation. Terrasse, tables et parasols invitent à s'y arrêter le temps d'un repas. Et c'est ce que nous conseille de faire Lionel ! C'est ici que l'on ressent vraiment l'âme de Limoges, dans cette cuisine à la fois traditionnelle et innovante. L'adresse est notée pour une prochaine visite.

Sur la place, des murs peints nous rappellent un peu les trompe-l’œil de Lyon.

Pour clôturer cette balade en tuktuk, nous nous dirigeons vers la Gare des Bénédictins. Anciennement, à l'emplacement de la gare était située une léproserie. Jouxtant le bâtiment, se trouvait un ancien monastère de l'ordre de Saint Benoit. La gare porte donc le nom de Gare des Bénédictins en référence à ce monastère construit au Xe siècle mais disparu depuis.

Autre caractéristique de cette gare, elle enjambe les voies de chemin de fer. Pas courant pour une gare. De plus, pénétrez dans son hall et vous pourrez admirer l'architecture des lieux. De magnifiques vitraux, des sculptures représentant les régions desservies par le train et une impression de grandeur incroyable. A l'extérieur, son campanile composé de 4 cadrans et mesurant 67m, serait plus haut que celui de la gare de Lyon.

Faisant partie des plus belles gares du monde, elle a été labellisée "Patrimoine du XXe siècle" en 1945.

Notre balade en TukTuk nous a donné un bel aperçu des centres d'intérêt de la ville. Je pense honnêtement que ça vaut le coup d'y passer une bonne journée voire plus (si l'on visite un atelier de confection de porcelaine) pour prendre bien notre temps et apprécier toutes les richesses de Limoges.


Tarif : 12€/pers pendant 1h



  • Pont Saint Étienne

Avec toutes ces découvertes, cela nous a ouvert l'appétit. Direction le Pont Saint Étienne.


Point culture :

Pont à avant-becs construit au XIIe siècle pour doubler le vieux pont Saint-Martial situé en aval. Il marquait la fin du flottage des bois venus de la Montagne, retenus en amont par un "ramier" de charpente. Il fut longtemps le pont le plus animé de Limoges, en contrebas de la ville commerçante, d'où partaient rive gauche les routes de Toulouse et de Clermont-Ferrand. Il est emprunté de nos jours encore par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.

Côté ville, rive droite, le pont était encadré par les maisons des laveuses qui se chargeaient jusqu'au milieu du XXe siècle de la lessive de la population bourgeoise de la ville. Agenouillées sur leur "bachou", les femmes battaient le linge à grands coups de "peiteu".

Côté rive gauche, le Clos Sainte-Marie, qui constituait un faubourg populaire truffé d'auberges et de cafés, fait aujourd'hui figure de cité-jardin.

Après avoir emprunté ce magnifique pont, nous pénétrons dans le restaurant du même nom le Pont Saint-Étienne. Décoration moderne raffinée, la salle offre des tables avec vue sur le pont, ce qui est très agréable pendant le repas. Le regard se perd au loin, le temps n'a pas d'emprise. On profite du moment.


La particularité du restaurant est de proposer des produits de qualité et régionaux où la provenance est indiquée sur la carte. En terme de gage de qualité et de transparence, il n'y a pas mieux.

Dans les assiettes, ce sont des mets savoureux que nous dégustons avec délectation. Nos choix se portent sur les plats suivants :

  • Pour Monsieur :

  • Entrée : Foie gras de canard de la ferme de Beauregard façon religieuse et sa compotée de fraises au vinaigre balsamique (Tarif : 13€)

  • Plat : Filet de bar cuit à l'unilatérale et sa déclinaison de pommes de terre (Coulis de pomme de terre à la coriandre, spirale de tomate et son cœur de vitelotte aux agrumes, pétales de pommes de terre frits et soufflés) (Tarif : 15€)

  • Dessert : Jean fait le choix de ne pas prendre de dessert mais de le remplacer par un verre de vin qui accompagne le plat et de finir par un café

  • Pour Madame :

  • Entrée : Mousse de chèvre frais de la Ferme de Vaudourdolle à la truffe d'été, tartine croustillante pomme et magret de canard fumé et fleurs du jardin (Tarif : 12€)

  • Plat : Abricot farci au cochon cul-noir et son jus corsé de sauge et légumes d'été revisités (Poêlée de girolles aux abricots, brunoise de haricots verts et tomate mondée farcie d'une purée de patates douces) (Tarif : 18€)

  • Dessert : La couronne : Abricots en 2 textures et panacotta coco (Tarif : 8,50€)

Ouf, après tout ça, une sieste est la bienvenue. Ah non, ce n'est pas à l'ordre du jour. On doit reprendre la route pour un autre rendez-vous fort instructif. Allez, go !





Moulin du Got


Direction Saint-Léonard de Noblat pour la découverte d'un moulin comme on n'en voit plus beaucoup : un moulin à papier.

Le Moulin du Got est le témoin d'un passé florissant dans la région limousine au XVIIe siècle. C'est en 1433 que la construction du moulin a été autorisée, le long du Tard. En 1522 débute la production du papier. Et on peut dire qu'ils étaient déjà dans l'ère écologique puisque les papiers étaient fabriqués à partir de vêtements en lin que l'on recyclait. Cela permettait de fabriquer, en moyenne, 2400 rames de papier destinées ensuite à l'imprimerie parisienne.

Au pic de la production, on pouvait dénombrer 24 moulins à papier autour de Saint-Léonard de Noblat. Avec l'arrivée de la mécanisation en 1820, le moulin s'est adapté pour fabriquer du papier de paille nécessaire à l'emballage puis du carton enroulé pour le moulage des jouets.

C'est en 1997, grâce à l'association "Le Moulin du Got", que le musée vivant a été créé. L'objectif étant de faire vivre ce lieu d'exception et montrer aux visiteurs les techniques d'antan. Place à la visite.

Dès que l'on accède à la machinerie du moulin, on peut voir d’énormes outils que l'on va découvrir au fur et à mesure de la visite : meules, cuve ou pile hollandaise, machine à papier ...

Pour commencer la fabrication de la feuille de papier, il faut de la matière première. Elle doit être constituée de fibres végétales, telles que le lin, le coton, le chanvre ... On procède au recyclage de vêtements.

La première étape consiste à déchirer ces morceaux de tissu et à les mettre dans la meule. Celle-ci va broyer la fibre pour former une pâte à papier.

Une fois que cette pâte est bien fine, on la met dans la pile hollandaise, mélangée à de l'eau. Intervient la seconde phase du processus : la fermentation. Cela peut prendre quelques jours pour que la préparation soit comme il faut.

Puis vient la troisième étape : la fabrication des feuilles de papier. Grace à la machine à papier munie d'un feutre continu, la pâte à papier va se déposer en fine couche, et à chaque tour viendra se superposer à la couche précédente. C'est ainsi que l'on obtient un papier ou carton de l'épaisseur souhaitée. Il suffit ensuite de découper la feuille et de la mettre à sécher dans les greniers aérés.

Après la production de papier, le musée nous permet de comprendre l'utilisation qui en est faite dans l'imprimerie. Depuis Gutenberg, l'imprimerie a bien évolué. C'est ce que nous pouvons apprendre dans cette partie du musée.

Dès que l'on pénètre dans la salle, nous sommes surpris par l'ensemble des meubles à tiroirs qui longent les murs Des tiroirs pour y stocker l'ensemble des caractères nécessaires à l'impression de documents. Aujourd'hui, quand on utilise un traitement de texte informatique, on a le choix sur un nombre inimaginable de polices de caractères, de tailles (de 6 à 72) de casses (italique, gras, souligné) ou même de format (minuscule ou majuscule). Imaginez le nombre de combinaisons possibles. C'est toutes ces possibilités qu'il faut fabriquer pour réaliser une impression sous presse.

Imaginer que tous ces caractères ont été fabriqués à la main donne le vertige. Là aussi, la mécanisation est arrivée et une machine a été construite pour produire ces caractères. Notre guide, bien qu'à la retraite depuis 20 ans est un des rares à savoir manipuler cette machine et la maintenir en état.

Bien sûr l'impression sous presse n'existe plus en tant que telle mais qu'il est agréable de voir fonctionner ces machines qui ont fait l'histoire de l'impression. Dans le musée, différentes machines sont visibles, toutes en état de fonctionnement. Démonstration à l'appui, nous réaliserons des impressions sur chacune d'elles. Elles ont marqué l'évolution de l'imprimerie en produisant toujours plus vite et et ayant moins besoin de la main de l'homme. Ah le progrès ...

Le papier à base de fibres végétales voire légumineuses (avec l'utilisation de l'asperge ou du poireau) est d'un très bel aspect. On peut l'agrémenter de fleurs, mais aussi de paillettes de couleurs. Il est ainsi utilisé pour de l'encadrement, des couvertures de livre, du scrapbooking, du papier à lettre et également dans les arts japonais. Les possibilités sont diverses, à nous de faire preuve d'imagination pour le mettre en valeur.

Pour clore cette visite du musée, ne ratez pas l'exposition Japonisante où l'on peut contempler des estampes, des gravures, des découpes ou autres pliages japonais.

Tarif : 9€






Saint-Léonard de Noblat


Dernière étape de cette découverte de la Haute Vienne avec la visite de la ville de cœur d'un grand nom du cyclisme : Raymond POULIDOR. Il s'agit de Saint Léonard de Noblat.

Pour une visite de qualité, rien de tel que de se diriger vers l'Office de Tourisme et de demander conseil auprès des agents d'accueil qui ont toutes les clés pour satisfaire nos demandes. C'est accompagnés de la charmante Sylvie, amoureuse de son village, que nous partons explorer le centre ville.

Premier arrêt à la chocolaterie Coignac pour une dégustation de la spécialité locale : le Massepain de Saint-Léonard. Préparation à base de blanc d’œufs, de sucre et de poudre d'amande, il a la forme d'un biscuit à la cuillère. Il était très apprécié des pèlerins en direction de Saint Jacques de Compostelle parce qu'il est très énergétique et se conserve très bien. La confrérie des Compagnons du Massepain a même été créée en 1991 pour entretenir et valoriser ce savoir-faire plusieurs fois récompensé.

Saint-Léonard de Noblat a prospéré grâce à des savoir-faire industriels et artisanaux tels que le travail du cuir, la fabrication de la porcelaine ou du papier comme au Musée du Got que nous venons de visiter. Pour garder cette richesse, la ville met à l'honneur de petits artisans dans une salle commune où chacun expose et vend ses créations. Une jolie idée de mise en valeur de savoir-faire à entretenir.

Grâce à ces industries, Saint-Léonard de Noblat s'est développé. C'est ainsi que l'on trouve de très jolis hôtels particuliers, des maisons à pans de bois (ou à colombages) avec encorbellement. Cela consiste à créer un étage plus large que le rez-de-chaussée, gagnant ainsi du terrain sur la rue. Astucieux, non ?

Est-ce qu'on peut passer un message à monsieur le maire ? Les voitures stationnées devant de si beaux monuments dénaturent le centre ville ... Dommage pour une ville classée "Site Patrimonial Remarquable ".

Il est un incontournable à Saint-Léonard de Noblat : sa collégiale romane datant des XI et XIIe siècles. Saint-Léonard est sur la route de Vézelay à Saint Jacques de Compostelle. La ville voit donc passer de nombreux pèlerins et notamment dans sa collégiale. Inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'Unesco, elle possède la particularité d'avoir un baptistère en dehors de ses murs principaux. En effet, une salle ronde à côté de l'entrée principale abrite ladite coupole.

L'église collégiale conserve les reliques du saint fondateur de la ville, saint Léonard, ermite au VIe siècle et patron des prisonniers.

En sortant de l'église, nous reprenons la direction de la place centrale du village et passons devant les anciennes Halles qui ont constitué un moment la caserne de pompiers mais qui est aujourd'hui de temps en temps utilisée pour quelques marchés traditionnels ou des petites manifestations. Puis nous découvrons la très jolie tour carrée qui marquera la fin de notre visite.


C'est sur cette très jolie découverte de la ville de Saint Léonard de Noblat que se termine ce petit séjour en Haute Vienne. Cela n'a été qu'une mise en bouche mais nous avons déjà été charmés par cette région. C'est sur, nous reviendrons !




 

Infos pratiques



  • Quand y aller ?

Proche du Massif Central, le département de la Haute-Vienne est très agréable du printemps à l'automne. Bien sur, il vaut mieux privilégier la période estivale pour y aller, avec des températures très agréables. Et même sur juillet/août vous ne serez pas gênés par un flux de touristes très important.



  • Combien de temps faut-il prévoir pour découvrir la Haute-Vienne ?

Notre visite a été express parce qu'en transit vers la région Cantal.

Pour vous donner un aperçu des choses à voir dans le département, voici les incontournables :

  • Limoges (vous pouvez facilement y consacrer 1 à 2 journées si vous vous intéressez au patrimoine de la ville et que vous souhaitez visiter un atelier de confection de porcelaine)

  • Oradour sur Glane, village martyr de la Seconde Guerre Mondiale

  • La Forteresse de Châlucet pour replonger à l'époque médiévale

  • Château et Musée de Rochechouart, à la découverte de l'art contemporain

  • Le Moulin du Got avec ses démonstrations de fabrication de papier et d'imprimerie

  • L'Ecomusée "Nostalgie rurale" à Montrol-Sénard qui vous permettra de découvrir un village de campagne du début du XXe siècle. Cela évoquera des souvenirs à certains ...

  • Le Mont Gargan culmine à 731m, offrant un panorama exceptionnel sur le plateau de Millevaches et le massif des Monédières

  • Le Parc Zoo du Reynou qui ravira petits et grands

  • Le Lac de Saint-Pardoux avec ses nombreuses activités nautiques

  • L'Aquarium du Limousin, situé à Limoges, a reçu la distinction de la marque nationale Qualité Tourisme

Vous pouvez donc aisément prévoir un séjour d'une semaine pour profiter de tous ces lieux dignes d'intérêt. Et surtout n'hésitez pas à vous balader pour découvrir la belle campagne limousine.



  • Comment se déplacer ?

Si vous n'avez pas de véhicule, vous pouvez vous rendre en train à la gare de Limoges. Cela peut être un très bon point de chute à partir duquel il est possible de rayonner en raison de son positionnement central dans le département.

Néanmoins, pour tous vos déplacements entre les différents points d’intérêt il vous faudra un moyen de transport. Cela peut être le vélo ou la voiture pour les moins courageux (dont je fais partie).




 

Notre avis



Pour une première découverte de la Haute-Vienne, nous avons été charmés par la ville de Limoges au patrimoine si riche, par un savoir faire mis à l'honneur au Moulin du Got ou encore la visite du très joli village de Saint-Léonard de Noblat.


Mais ce séjour aura été, avant tout, la rencontre de passionnés qui ont à cœur de partager avec chacun de nous leur connaissance sur ce patrimoine d'exception. Je citerai :

N'hésitez pas à aller à leur rencontre, ils vous apporteront, c'est certain, un autre regard sur la culture !





 

Vos retours



J'espère que cet article vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à l'épingler sur Pinterest et à me laisser un commentaire. Je me ferai un plaisir de vous répondre.

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