Bassin d'Arcachon : 3 jours entre Dune du Pilat et Cap Ferret

Dernière mise à jour : 11 janv.



Je me remémore encore de jolis souvenirs de famille où nous allions passer quelques jours, chaque été, à Arcachon ou à la dune du Pilat. Le sable brulant sous les pieds, les pique-niques dans la pinède, les baignades dans l'océan, l'ascension de la dune ... De nombreuses images à jamais gravées dans ma mémoire.

C'est donc tout ça que je souhaitais partager avec mon compagnon qui ne connaissait pas cette région.

Ni une, ni deux, nous décidons de profiter de nos premiers jours de vacances du printemps 2021 pour faire une excursion autour du Bassin d'Arcachon. Pas question de nous limiter aux grands spots. C'est donc parti pour un road trip de 3 jours autour du Bassin pour découvrir les charmes des ports ostréicoles, mais aussi gravir une nouvelle fois la dune du Pilat et arpenter la jolie ville endormie d'Arcachon avant l'arrivée des touristes.



Sommaire


Comme il est toujours plus facile de se repérer à l'aide d'une carte, voici un aperçu des points d'intérêt autour du Bassin d'Arcachon.


 

La dune du Pilat



Nous commençons la visite du Bassin d'Arcachon par la Dune du Pilat. Quoi de plus grandiose pour débuter cette exploration. Rien que les chiffres donnent le vertige : 106,6m de haut (varie tous les ans en fonction des coups de vent et tempêtes), 3 km de long, des millions de m3 de sable sous nos pieds ce qui en fait la plus grande dune d'Europe. Eh oui, rien que ça!


  • Comment y accéder ?

Un parking officiel a été mis en place. Mais celui-ci est payant. Il vous en coutera 6€ pour 4h. Ce qui est assez cher mais justifié afin de préserver le site. Néanmoins, vous aurez accès directement à l'escalier qui vous aidera grandement à gravir la dune.

Mais nous avons un bon plan à vous partager. Au rond-point, tournez immédiatement sur votre droite. Vous aurez une aire de stationnement, sur le côté de la route. Là, c'est gratuit. Ensuite, vous aurez la possibilité de revenir sur vos pas pour accéder à l'escalier ou pour les plus sportifs, un chemin vous permet de gravir directement la dune. Mais, là, vos mollets vont bruler, croyez nous.


  • Découvrir la dune

Une fois l'ascension réalisée, nous nous retrouvons face à un panorama de toute beauté. Une vision à 360° qui offre de multiples paysages.


Côté Ouest, l'océan. Une vue saisissante ! Une palette de bleus à l'infini. Des bancs de sable viennent parsemer le tableau : le banc d'Arguin. Celui-ci se couvre et se découvre au fil des marées. En constante évolution (attention aux baïnes qui sont très dangereuses), ce banc est protégé. Il est le siège de nombreux oiseaux qui viennent s'y reproduire.

Si le cœur vous en dit, vous pouvez descendre la dune et aller vous baigner. Néanmoins, il vous faudra penser à la remonter, et là, pas d'escalier pour vous y aider. Vous connaîtrez les joies de gravir une dune de sable de plus de 100m de haut. Pour vous rassurer, l'ascension côté océan est moins difficile que côté forêt, la pente moins brute.


Côté Sud, la dune. Une dune à perte de vue que l'on peut arpenter sur 3 km. Autant vous dire que vous pouvez aisément vous isoler pour profiter de la quiétude des lieux. Les touristes restent majoritairement en haut de l'escalier. Eloignez-vous un peu et vous aurez la dune pour vous.

Pendant la période estivale, une activité bat son plein : le parapente. Nous y sommes allés en avril et malheureusement, cette activité n'était pas encore disponible. Mais c'est certain, la prochaine fois, je tente l'expérience. Ça doit être génial à vivre.

Côté Est, la forêt de pins. Forêt qui se fait grignoter années après années. En effet, les vents provenant de l'océan poussent la dune vers les terres. La dune perd quelques centimètres de hauteur chaque année et s'élargit. La plage en contrebas est également plus large que dans mes souvenirs d'enfance.

Certaines maisons, campings et autres constructions battis dans les bois viennent à disparaître sous les assauts de la dune, toujours plus vorace. Peut-être est-ce un mal pour un bien, la nature reprenant le dessus sur l'urbanisation.

Coté Nord, le Cap Ferret. De la dune du Pilat, on distingue nettement la forme du bassin d'Arcachon qui se termine par la pointe du Cap Ferret. Le paysage est magnifique et est une très belle introduction à notre périple de 3 jours qui nous fera découvrir cette jolie région.


 

Arcachon



Quand on va à Arcachon, c'est principalement vers la plage qu'on se dirige. Mais comme vous le savez, ici, on ne fait rien comme les autres. On veut des découvertes hors des sentiers battus. Alors laissez-nous vous présenter un très joli quartier de cette ville balnéaire.


Mais avant cela, saviez-vous que chaque quartier a un nom de saison ?

C'est ainsi que l'on trouve

  • la ville de printemps se situe entre la dune du Pilat et le centre ville. C'est un joli quartier résidentiel bordé de plages et de pins. Un lieu de villégiature très apprécié des vacanciers.

  • la ville d'été correspond à la ville basse située près du front de mer et sa jetée.

  • la ville d'automne, plus au Nord, en direction de la Teste est un ancien quartier de pêcheurs avec des maisons basses aux tuiles rouges et aux murs blanchis

  • la ville d'hier, dans les hauteurs d'Arcachon. Lieu de villégiature durant la Belle Époque. Justement, c'est ce quartier que nous vous proposons de découvrir.



Ville d'hiver


  • Parc Mauresque

Rien de tel pour découvrir ce quartier que de se perdre dans les petites rues qui le composent. Néanmoins, comme point de départ, on vous conseille la visite du parc Mauresque.

Celui-ci est accessible par un ascenseur (pratique quand on se promène à vélo ou avec une poussette) ou par des escaliers. Immédiatement, vous arrivez devant une maquette de l'ancien casino d'Arcachon.


Trônant à 25 mètres au-dessus de la Ville d’Été, le Casino Mauresque fut l’œuvre de l'architecte Paul Régnauld et de Jules Salesses qui en avait exécuté les travaux de février à juillet 1863.

L'architecture du Casino, de style mauresque était une des plus saisissantes de l'époque par la grande diversité des matériaux utilisés : colonnes et poutres de fer, briques et carreaux de terre cuite de Gironde, moellons et pierres de taille des carrières du département, parquets en bois de pin et de sapin ...

A l'intérieur, le rez-de-chaussée comportait une enfilade de cafés à divans à la mode turque, restaurants exotiques et salles de jeux. Cinq escaliers monumentaux menaient au premier étage où se trouvaient salon de conversation et bibliothèque. La salle des concerts était ornée de fresques et de dorure et la grande salle était éclairée par deux coupoles en forme de minaret couvertes de bandes gigantesques de verre dépoli jaune et rouge.

De ce lieu magique, lieu de fêtes et de distractions, il ne reste aujourd'hui plus rien, l'édifice ayant été ravagé par un incendie en 1977. Heureusement conservé, le parc qui l'entourait et qui lui servait d'écrin de verdure, abritait le pavillon Mozart, dont on devine la destination, une buvette et le théâtre San-Carlino réservé aux enfants.


Aujourd'hui, le parc Mauresque est un lieu de promenade et de retrouvaille. On y voit des anciens jouer à la pétanque, des jeunes pique-niquer ou encore des familles se rassembler autour des aires de jeux. Une bulle de verdure très appréciable en ces journées de fortes chaleurs.


  • Ville d'hiver

En face du Parc Mauresque débute un quartier de villégiature aux villas plus somptueuses les unes que les autres. Elles sont le témoin d'un mode de vie remontant à la fin du XIXe siècle, dit la Belle Époque. Leur architecture qui s'inspire du néo-gothique, du néoclassique et même du style mauresque ou encore colonial. On dénombre 73 demeures que l'on peut découvrir en déambulant dans les petites ruelles du quartier. On trouve ainsi la villa Toledo et ses inspirations hispaniques, la villa Brémontier réinterprétant le chalet suisse mais aussi les villas Alexandre Dumas, Bayard et Athena.


Alors que ces magnifiques villas étaient la propriété d'une seule et même famille, aujourd'hui, bien trop onéreuses à entretenir, elles ont été majoritairement divisées en appartements ou sont le siège d'entreprises. Certaines malchanceuses sont laissées à l'abandon, ce qui est un crève-cœur quand on voit la beauté des bâtiments.


Ville d'été


La ville d'été n'est pas très passionnante au niveau architecture. Son intérêt réside principalement sur son accès à la plage et à la jetée de Thiers. C'est également le quartier de tous les commerces, bars et restaurants. Mais en cette période de pandémie, nous n'avons pu profiter de cette animation, tous les commerces étant fermés. Promis, nous actualiserons cet article dès que nous repasserons dans le coin et profiterons de toute cette vie trépidante.


Direction la jetée pour une excursion en mer.



Grand tour de l'Ile aux Oiseaux


Avant de découvrir le bassin d'Arcachon par la terre, nous vous invitons à prendre le bateau et de faire une virée en mer. Notre choix s'est porté sur le Grand tour de l'Ile aux Oiseaux. Les réservations doivent se faire à l'office du tourisme ou auprès des cabanes disponibles à l'entrée de la jetée. Tarif : 17€/pers.


Cette excursion en mer permet de passer au large de l'ile aux Oiseaux puis de longer les villages ostréicoles du bassin jusqu'au Cap Ferret avec une vue sur la dune du Pilat pour finir.


L'intérêt principal de cette sortie en mer est de contempler les cabanes tchanquées qui se trouvent au milieu du Bassin, sur l'île aux Oiseaux. Pour la petite histoire, ces deux cabanes sur pilotis ont été construites pour surveiller les parcs à huitres. En effet, de nombreux pillages ont lieu tout au long de l'année. N'imaginez pas que ce sont principalement des touristes ou autres particuliers qui viennent s'approvisionner gratuitement. Que nenni ! Les vols se font entre professionnels.


Pour contrer ce fléau, une première cabane est construite en 1883. Elle n'existe plus aujourd'hui, rongée par le sel. Une seconde est construite en 1945. C'est celle aux volets rouges. Enfin une troisième, aux volets blancs, voit le jour en 1948.

Aujourd'hui, ces deux cabanes (très fragiles et qui demandent beaucoup d'entretien) servent à l'observation des oiseaux. Pour ce qui est de la lutte contre le vol d'huitres, les ostréiculteurs doivent immatriculer leurs bateaux, ainsi facilement identifiables par les gardes côtes qui s'assurent ainsi que les professionnels sont bien dans leur propre parc à huitres.


Nous vous recommandons d'effectuer ce tour en mer à marée haute, afin de vous approcher au plus près des cabanes. Ce qui n'a malheureusement pas été notre cas puisque toutes les sorties coïncidaient pas une marée basse.


L'ile aux Oiseaux est habitée par quelques locaux qui ont le privilège d'y posséder une petite cabane. A l'origine, elles étaient construites par les ostréiculteurs afin qu'ils puissent trouver un pied à terre à proximité de leurs parcs à huitres. Aujourd'hui, leur usage est détourné et sert principalement à la villégiature. Attention, le confort est spartiate puisqu'il n'y a ni eau courante ni électricité. Mais c'est justement ce qui fait le charme des lieux.


Nous poursuivons notre excursion en longeant la côte et en découvrant de jolis petits ports ostréicoles. Ici, le tourisme a laissé des traces. Faisant fi de la préservation du littoral, des maisons d'architecte et des immeubles ont été construits, gâchant le paysage. Fort heureusement, ces verrues sont limitées et l'on peut apprécier la beauté de cette côte et de ces maisons aux couleurs éclatantes. C'est ainsi que l'on passe à proximité des villages Le Four, Petit Piquey et Grand Piquey, Le Canon, L'Herbe. Chaque village ayant ses caractéristiques et ses charmes.


Avant de regagner Arcachon, nous passons au large du Cap Ferret et pouvons admirer la Dune du Pilat côté mer. Il n'y a pas à dire, elle est vraiment impressionnante !


 

Les ports ostréicoles


Tout autour du bassin d'Arcachon, de petits villages ostréicoles ont vu le jour. En effet, le bassin est propice à la culture de l'huitre. C'est même ici que naissent la majorité des huitres qui sont produites en France.

Nous vous proposons d'en découvrir un certain nombre et de mieux comprendre la culture de l'huître.

Cet itinéraire entre Arcachon et le Cap Ferret peut se faire à vélo. C'est même une très agréable balade bucolique. Alors en route !



La Teste de Buch


Saviez-vous qu'avant qu'Arcachon n'acquière sa renommée, la Teste de Buch était la plus grande commune du Bassin ? Arcachon était rattaché à la commune de La Teste, mais avec l'arrivée du tourisme à la fin du XIXe siècle, Arcachon s'est considérablement développé, empiétant sur La Teste. Aujourd'hui, lorsque nous évoquons le Bassin, on l'associe à Arcachon alors qu'historiquement c'était le Bassin de La Teste. Voilà, vous en savez plus.

La visite des ports ostréicoles est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la culture de l'huître. De la naissance de l'huître jusqu'à notre assiette, un savoir faire qui s'est développé sur le Bassin.


  • Comment les huitres se reproduisent-elles ?

Elles sont hermaphrodites, alternativement mâles et femelles. Chaque année, quand les eaux atteignent plus de 21°C, elles laissent échapper leur semence, la laitance, toute blanche ! Au départ de sa vie, l'huître est une larve planctonique, qui se déplace et qui cherche un support pour s'accrocher avant de devenir naissain. Mais encore faudra-t-il pouvoir le décrocher... En 1868, Jean Michelet, maçon arcachonnais, met au point la technique du chaulage. C'est le développement de la culture de l'huître. Aujourd'hui, on pose aussi d'autres collecteurs, surtout des coupelles et des tubes en plastique.


Le chaulage a lieu à la fin du printemps, généralement en mai ou juin. Il faut un temps beau et chaud, un peu venteux et sans humidité, car la prise doit se faire dans la journée.

On commence par préparer les bailles, à partir de sacs de chaux vive, sachant qu'une baille classique permet de "tremper plus de 1000 tuiles. Une fois que la chaux est morte, on ajoute du sable, de l'eau de mer et parfois de la sciure. Mais chacun, chacune a sa recette ! Les ingrédients sont brassés, au mélangeur en général, à l'aviron dans la tradition. Dès que le mélange final est prêt, les tuiles sont immergées dans ce bain de chaux, par deux avec deux crochets. Attention à celui qui laisse échapper sa tuile dans la baille, il doit payer l'apéro !

On les dépose en quinconce sur les autres, pour former un "ruchon". Quand elles sont sèches, on va les désenrucher : les mettre par paquets de 5 à 10, sur des palettes pour être chargées sur les bateaux. On les enruche de nouveau au parc "quand c'est le moment", c'est-à-dire juste après la ponte des huîtres !


Laissez nous vous présenter les outils de l'ostréiculture.

  • Les huîtres sont élevées dans des poches en plastique de différents maillages. Pour qu'elles aient la place de se développer, on les change de poches au fur et à mesure qu'elles grandissent : c'est le dédoublage. De 4000 petites huitres après le détroquage, elles sont environ 120 par poche avant la commercialisation. On les retourne régulièrement sur les parcs pour que les huîtres aient une pousse uniforme.

  • L'ensacheur permet de mettre les huîtres dans les poches selon un poids déterminé. On l'utilise chaque fois qu'il faut dédoubler les poches.

  • Élevées dans le milieu naturel, les huîtres ont toujours un léger dépôt de sédiments, qui enrobe leur coquille. Quand l'ostréicultrice et l'ostréiculteur les ramènent des parcs, ils les passent dans le laveur d'eau de mer avant de les trier ou de les commercialiser.

  • Pour la vente, les huîtres sont mises dans des bourriches de différentes tailles, en bois déroulé, qui sont ensuite expédiées dans tout la France, notamment au moment des fêtes de fin d'année.



Gujan Mestras


La commune de Gujan Mestras a la particularité de posséder 7 petits ports. Sa façade maritime s’étend d’Est en Ouest sur 7 km. Du port de la Hume avec sa plage surveillée au port de la Mole, le sentier du littoral vous invite à découvrir chacun de ses 7 ports. Visite du petit port de Gujan ...


Un peu à l'image du port de la Teste de Buch, le port de Gujan est un port ostréicole où l'activité bat son plein. Les cultivateurs y ont installé cabanes, pontons, machines que nous pouvons découvrir au fil de nos déambulations. Il est très intéressant de les voir travailler. L'animation y est continuelle. C'est un port qui vit et c'est bien agréable à contempler.


Difficile de rester insensible à la beauté des lieux. Tout photographe qui sommeille en nous trouvera une aire de jeu infinie pour y exercer sa passion. A vos appareils, déclenchez !



Biganos


Pour atteindre le port de Biganos, on empreinte une petite route hors du village. On se demande où cela va nous mener tellement on s'éloigne de toute habitation. Arrivés à l'aire de stationnement (ici pas de parking bétonné, nous sommes directement sous les chênes, c'est vraiment charmant. Du reste, c'est ici que nous passerons la nuit, à bord de notre Jeandrine.), nous sommes un peu désorientés. Pas de bateaux en vue, pas de mer ...


De l'aire de stationnement, on se dirige vers la gauche et on traverse les cabanes en bois. Et là, c'est la surprise. Des cabanes colorées, un petit port intimiste, une marée montante qui nous met les pieds dans l'eau. La magie opère immédiatement ! Découverte ...


Quel plaisir de déambuler au milieu de ces cabanes de pêcheur ! Nombre d'entre elles ont été repeintes avec des couleurs vives apportant une touche de gaieté au port. Certaines ont un petit balcon, d'autres une terrasse. Toutes ont un numéro pour les identifier mais certaines portent un joli petit nom comme "La Mésange" qui nous fait penser à une cabane à oiseaux.

Il faut savoir que le port de Biganos est le plus en amont de la Leyre et le plus ancien. Il semblerait que cela remonterait du temps des gaulois où le village s'appelait Boïos.

Le petit port de Biganos peut contenir 150 bateaux tout de même, mais il faut aux pêcheurs et plaisanciers remonter la Leyre sur 2km avant d'atteindre le Bassin. Le port est ainsi protégé des tempêtes et ne subit que faiblement les affres des marées.

Ce petit port est notre préféré d'entre tous ! N'ayons pas peur des mots, c'est un réel enchantement.



Andernos Les Bains


Vous allez me dire : "Quoi, encore un port ostréicole ? Mais ça y est, on a tout vu." Vous n'avez pas tout à fait tort mais n'est ce pas agréable de se promener sur ces lieux marqués par le savoir faire des hommes et par la beauté des paysages (oui, la nature y est omniprésente) ?

Laissez nous vous en faire la visite.


En fonction des marées, le paysage change. Nous y étions à marée basse et il est surprenant de voir ces bateaux échoués au fond du chenal. La vie des pêcheurs est rythmée par les marées. Pas facile pour la vie de famille ...

Le chemin longeant le port nous emmène découvrir les ateliers des pêcheurs. Ici et là des poches, des tuiles, des collecteurs, des filets ... Vous vous souvenez ? Tout le matériel nécessaire à la culture des huîtres. Le décor est posé.

En remontant vers le village, on s'approche des ruines de la villa gallo-romaine du IVème découverte en 1850 et classée monument historique en 1933. On peut encore y apercevoir les bases du monument.

Les pierres ont été majoritairement réutilisées pour construire l'église Sainte Eloi qui est attenante à cet édifice. De taille modeste, cette église romane du XIème siècle est l’un des plus anciens édifices religieux du Bassin d’Arcachon. Elle a la particularité d'avoir un plafond entièrement en bois, et des peintures murales datant du XIIIème siècle et de la fin du Moyen Âge. Elle mérite un coup d’œil.

En sortant de l'église, on peut profiter de la très jolie plage en contrebas ou se diriger vers la gauche pour accéder à la plus longue jetée de France, mesurant 232m.

Mais je vous propose de revenir sur vos pas et de reprendre la direction du port pour déguster des huîtres. En effet, ces petits ostréiculteurs ont aménagé dans leurs cabanes des boutiques pour y vendre leur récolte. Quoi de mieux que de déguster le fruit de leur production, directement auprès de ces petits producteurs ?

Vous serez peut-être surpris par la devanture de La Cabanabill qui offre une déco très particulière avec des œuvres faisant la part belle aux huitres.

Alors, convaincus par ce petit port ?


 

Lège Cap Ferret



L'Herbe


Pour vous rendre au village de l'Herbe, il vous faudra vous stationner au niveau du parking qui le surplombe. De là, des escaliers vous permettent de rejoindre le village à pied. Ici, tout est piétonnier.

Des rangées de boites aux lettres facilitent le travail du facteur.

Partons découvrir ce village hors du temps.


L'Herbe est un petit village ostréicole où les cabanes sont encore majoritairement habitées par des ostréicoles. Mais de plus en plus d'Arcachonnais viennent s'isoler dans ces petites structures archaïques. Ici, pas d'isolation, le sol est composé de sable et seules 2 ou 3 pièces composent les cabanes. On y vient pour se ressourcer.


Pour parcourir le village, on s'aventure dans de petites ruelles étroites. Le sable crisse sous nos pas. On s'amuse à se perdre dans ce labyrinthe qui nous fait découvrir de jolies placettes, des cabanes aux couleurs éclatantes. Nous sommes désorientés. On ne sait plus si on pénètre dans la cour d'une maison ou si nous sommes encore sur la voie publique.


De jolis décors ornent les façades. Ici un filet de pêche, là une cloche, ou encore des pots de fleurs. La végétation y est très présente apportant une touche de fraicheur. Un banc, une chaise, une table nous invitent à faire une pause. Oups, ce décor nous ferait oublier que ce village est habité et que nous sommes étrangers ici.


Au détour d'une ruelle, on aperçoit la mer. Difficile d'y échapper mais il était bon de profiter du village avant de découvrir un autre paysage. Sur la plage, de nombreuses traces de l'ostréiculture pratiquée ici. Des piquets en bois, des rails en métal, des supports pour les poches, des collecteurs, mais aussi des parcs à huîtres facilement identifiables dans le bassin. Ce sont ceux qu'on peut approcher le plus facilement.




Chapelle de la Villa Algérienne


En sortant du port de L'Herbe, dirigez-vous vers la droite pour rejoindre la côte et la chapelle Sainte Marie du Cap. Nous avons pu la voir lors de notre sortie bateau, et là, nous avons bien l'intention d'en apprendre plus et de la visiter.


Un havre de paix

C'est en 1863 que Léon Lesca et son frère achètent un vaste domaine en bordure de Bassin, entre le lieu-dit "Le boque" au Cap Ferret et Claouey.

De retour d'Algérie, l'entrepreneur de travaux publics, fait construire un ensemble fabuleux dont la "Villa algérienne" - entourée d'un parc aux essences exotiques les plus diverses - est l'élément majeur.

Au fil des années, Léon Lesca développe et transforme son domaine. Il crée des réservoirs à poissons, exploite la forêt et les parcs à huîtres, plante un vignoble, construit une douzaine de maisons pour son personnel, une école, une jetée, un presbytère et une chapelle. Seuls subsistent aujourd'hui la paroi du fond de la "grotte", un pont en rocaille, deux cuviers et la chapelle Sainte Marie du Cap.


L'Orient rêvé

C'est l'architecte Eugène Ormières qui réalise, en 1885, cet édifice de style néo-mauresque destiné au culte catholique. Sur le clocher, le rapprochement entre la croix et le croissant de lune, les inscriptions latines et arabes, reflètent les influences culturelles du commanditaire. La polychromie, la présence de carreaux de céramiques aux motifs géométriques et floraux, l'utilisation de l'arc outrepassé, ici polylobé, sont autant d'éléments qui traduisent l'influence de l'architecture mauresque.


La chapelle fait peau neuve

La chapelle fut bénie le 8 septembre 1885 par l'abbé Lacouture.

Demeurée longtemps le seul lieu de culte de la presqu'île, on y venait à pied à travers la forêt ou en pinasse depuis Arcachon. Le premier et seul chapelain fut l'abbé Noailles.

Aujourd'hui, propriété de la ville de Lège-Cap Ferret, inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 2008, elle est toujours affectée au culte catholique.

En juin 2011, la restauration du bâtiment et des objets d'art est achevée. C'est à cette occasion que le badigeon couleur brique est appliqué sur la chapelle, identique à celui que revêtait la villa.



Cap Ferret


Direction la pointe du Cap Ferret. Mais avant cela, impossible de faire l'impasse sur le phare du Cap, revêtu de ses couleurs rouge et blanc. Après avoir gravi les 258 marches, vous aurez une vue à 360° sur le Bassin d'Arcachon. Malheureusement, en ces temps de pandémie, le phare était fermé à la visite. Tarif : 6€/adulte


A partir du Phare, vous pouvez emprunter le sentier de "l'Abécédaire des Dunes". C'est une petite allée au milieu des dunes, d'une longueur de 5km qui vous mènera directement à la Pointe du Cap Ferret. Là encore, nous n'avons pu y accéder à cause de la pandémie.


Enfin, direction la pointe du Cap Ferret. Ici nous avons une magnifique vue sur la dune, le banc d'Arguin et les passes. A cet endroit, la plage est interdite d'accès. En effet, la mer empiète de plus en plus sur la côte, rongeant la plage. Pour lutter contre ce phénomène, des graminées ont été plantées pour maintenir le sable en place. D'autres plages plus au nord sont accessibles à la pratique de sports à voile. Le vent y soufflant fort.


 

Infos pratiques



  • Quand y aller ?

Allergiques au tourisme de masse, nous apprécions de pouvoir profiter des lieux sans trop de monde. Si vous êtes dans le même cas que nous, nous ne pouvons que vous inviter à visiter le Bassin hors vacances scolaires et hors période estivale.


  • Comment se déplacer ?

Nous avons effectué ce road trip en camping car, à bord de notre Jeandrine. Comment vous dire qu'on est devenus fan de ce mode de voyage. La liberté absolue de se déplacer où on veut, quand on veut et à notre rythme. Pas besoin de définir un programme de séjour trop détaillé ni contraignant. On s'adapte et on a va où le vent nous mène. Elle n'est pas belle la vie ?

Vous pouvez également faire le tour du bassin en vélo. Des voies de circulation sont aménagées pour permettre à chacun de pédaler en toute sécurité. Il faut quand même compter 77km. Donc prévoyez de le faire en plusieurs étapes. Si vous ne pouvez pas ramener vos propres vélos, pas de panique, il existe des sociétés de location un peu partout sur la côté. Vous trouverez forcément votre bonheur.


  • Combien de temps prévoir sur place ?

Notre programme s'est déroulé sur 3 jours. Nous aurions bien aimé y passer une journée supplémentaire mais avec l'annonce du reconfinement, il a fallu rentrer rapidement à la maison. Si vous souhaitez prendre votre temps, vous baigner, visiter la réserve de la Teste de Buch ... une semaine semble être une durée tout à fait raisonnable.


  • Où dormir ?

Maintenant que nous vous avons vanté la vanlife, vous avez bien compris que nous logions dans notre véhicule. Et pour cela, il y a quand même une application qui nous aide bien au quotidien. Il s'agit de Park4Night. Elle est gratuite, déjà c'est un premier atout. Mais surtout elle permet de repérer les lieux où on peut stationner en journée mais également le soir, les endroits où on peut faire les vidanges, le plein d'eau et recharger en électricité ... Il vous suffit de renseigner une ville ou votre trajet pour trouver les endroits à proximité payants ou gratuits.


  • Où manger ?

En raison de la pandémie, nous n'avons pu tester des restaurants ou bar mais on vous recommande d'acheter vos huîtres directement auprès des petits producteurs. Des boutiques de ventes sont disponibles directement dans les petits ports ostréicoles. Certaines vous proposeront également la petite bouteille de vin blanc pour accompagner ce festin. A consommer avec modération ! Mais quoi de mieux que de se poser sur la plage avec ce petit encas ?


  • Bons plans

Pour visiter la dune du Pilat, nous vous recommandons d'y aller tôt le matin ou hors saison. Non seulement vous éviterez la foule de touristes et pourrez ainsi profiter pleinement des lieux, mais surtout vous éviterez de vous brûler les pieds. Croyez en notre expérience, le sable y est brulant et gravir la dune dans ces conditions peut vite devenir un calvaire.

Pour le stationnement, rappelez-vous d'aller sur l'aire de stationnement à droite au niveau du rond point, celui-ci est gratuit, mais les places limitées. Là encore, il vaut mieux arriver tôt.


Si vous souhaitez faire la sortie en mer pour l'ile aux oiseaux, nous vous recommandons de réserver à l'avance votre billet (auprès de l'office du tourisme ou des cabanes sur la jetée). La veille serait une bonne option pour être sure d'avoir une place. En pleine période touristique, les bateaux sont pris d'assaut. C'est une bouffée d'air frais au milieu d'une journée écrasante.

Le meilleur moment pour réaliser cette sortie est à marée haute. Pensez aussi à vous renseigner sur les marées. Cela déterminera votre horaire de sortie et donc de réservation. D'où l'intérêt de réserver tôt puisque ce sont les heures les plus privilégiées.


Saviez-vous que la France était productrice de caviar de qualité renommée?

Depuis le XIXe siècle, la Gironde produit beaucoup d'esturgeons pour leur chair dense. Au début du XXe siècle les premiers immigrés russes vont expliquer aux pisciculteurs qu'il est plus intéressant de récolter le caviar. C'est ainsi que la production de caviar en Gironde a débuté.

La maison "Caviar de France" produit du caviar en Gironde depuis 1993. Vous pouvez vous inscrire pour visiter leurs installations et découvrir toutes les étapes de la production du caviar. Une boutique est également ouverte afin que vous vous offriez les petites perles noires si savoureuses.

Vous les trouverez au Moulin de la Cassadote, à Biganos.



 

Notre avis



Petite, je venais régulièrement en vacances avec mes parents à Arcachon. Nous y passions 2 ou 3 jours avec pour activité principale : la baignade aux plages de la ville de printemps. Nous avons également gravi un nombre incalculable de fois la dune du Pilat. Ce sont à jamais des souvenirs gravés dans ma mémoire.

Je voulais vraiment faire découvrir ce lieu à mon conjoint. Mais pas question de se limiter aux lieux de mon enfance. C'est donc le bassin d'Arcachon que nous avons découvert pendant ces 3 jours. Un bassin moins touristique, plus authentique.


Nous avons beaucoup aimé la Dune du Pilat : une étendue de sable de 3km de long, un panorama à 360°, le banc d'Arguin qui se couvre et découvre au fil des heures, une impression de sérénité. On est tout de suite subjugués par tant de beauté.

La ville d'hiver d'Arcachon nous transporte au temps de la Belle Époque avec ses magnifiques villas balnéaires. Villa Teresa, Toledo, Brémontier, Trocadero, Alexandre Dumas, Bayard, Athénas ... C'est déjà une invitation au voyage et à la rêverie..

Notre sortie en mer a été très agréable. On vous recommande vivement cette balade pour approcher les fameuses cabanes tchanquées et découvrir les ports ostréicoles du Bassin vue mer. Les explications de notre guide ont été fort instructives et apportent beaucoup à la connaissance du Bassin.

Si nous avions que deux ports à retenir sur ceux présents autour du Bassin, nous citerions Biganos avec ses cabanes colorées ainsi que le village de l'Herbe si atypique. Nous sommes immédiatement charmés par la beauté des lieux.


Nous espérons que cet article vous aura aidé à organiser votre séjour dans le Bassin d'Arcachon et que vous aussi, vous serez charmé par la beauté de ces paysages. Si vous avez des conseils ou expériences à partager, n'hésitez pas à nous en faire part.


 

Vos Retours


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