Deir el Bahari : Découverte de la reine Hatchepsout et de son temple

Dernière mise à jour : 5 juil. 2021



De nos jours, il est difficile de s'imaginer une femme à la tête d'un pays. C'est une bataille perpétuelle pour s'imposer dans un monde gouverné uniquement par des hommes. C'est pourtant ce qu'a entrepris Hatchepsout en s'imposant en tant que pharaon. De nombreuses campagnes de communication ont été nécessaires pour légitimer ses origines divines et son accession au trône. Je vous propose de découvrir cette femme extraordinaire et son temple funéraire révolutionnaire. Partons visiter Deir el Bahari.



Sommaire


Clin d’œil historique



Qui est la Reine Hatchepsout ?


​Elle fait partie de ces figures étranges et improbables qu'a suscitées la civilisation égyptienne. Avec elle, on voit à quel point la société égyptienne était capable de promouvoir la femme, même si la reine se sentira obligée de parler d'elle au masculin. Enfant, elle accompagne son père Thoutmosis dans ses campagnes militaires et elle est intimement mêlée au pouvoir. Elle épouse son demi-frère Thoutmosis II, qui meurt rapidement et laisse un fils de 5 ans, le futur Thoutmosis III. Elle devient régente et s'adjuge vite tous les pouvoirs jusqu'à se faire couronner roi. La voilà qui s'adjuge la barbe postiche des Pharaons. Son couronnement s'est fait avec l'aval du tout-puissant clergé d'Amon. Elle impose son autorité par une orchestration savante de tous les rituels connus. C'est grâce à elle que s'impose le scénario qui fait de ce système un récit mythique : il fait défiler annonciation, nativité, allaitement, présentation, onction divine. C'est ce cycle qu'elle fait graver et figurer sur les murs de son Temple des Millions d'Années en fixant pour des millénaires une iconographie qui nourrira le christianisme : elle fait dire par le dieu Amon un oracle annonçant sa naissance miraculeuse et la proclamant fille de dieu. Pour cette naissance divine, Amon aurait pris la forme de Thoutmosis pour s'unir à sa mère. Ce mythe commun dans la pensée antique qui consiste à dire que dieu s'unit à une mortelle pour engendrer le roi, elle lui donne une force nouvelle par les images. Elle fait aussi graver à Karnak une inscription qui fait parler rétroactivement son père Thoutmosis qui félicite les dieux de lui avoir donné Hatchepsout : "Je viens auprès de toi, ô maître des dieux. Je me prosterne devant Ta majesté pour te remercier d'avoir fait ma fille roi de Haute et Basse Égypte. Je me réjouis car tu as entendu ma prière. ... Renouvelle tes faveurs pour ma fille, elle que tu as aimée et qui s'est unie à toi, elle la préférée des dieux." Le texte et les représentations les plus importants figurent dans le temple de Deir el Bahari, qui illustrent de manière théâtrale ces trois grands thèmes qui deviendront emblématiques : la conception divine de la reine, son intégration dans le cercle des immortels, sa royauté terrestre. L'orchestration de ces trois thèmes va faire école : Aménophis III et Ramsès III les feront aussi représenter sur les murs de leurs temples et ce cycle de la naissance divine deviendra un passage obligé de la liturgie royale. C'est pourquoi on est en droit de se demander dans quelle mesure ce n'est pas dans ce mythe illustre que Matthieu est allé chercher le modèle de son écriture de la naissance de Jésus en en reprenant toutes les séquences : annonciation, naissance miraculeuse, allaitement, présentation, ondoiement dans l'eau sainte. Femme énergique et d'une intelligence supérieure, Hatchepsout arrive à se maintenir au pouvoir pendant une vingtaine d'années, grâce à l'appui de dignitaires compétents, dont le sort était sans doute lié au sien : Poymrê, prophète d'Amon et grand architecte ; Hapouseneb, vizir et grand-prêtre d'Amon ; et surtout Senenmout, son favori, son premier conseiller, sans doute son amant, qui a accumulé les titres : Ami unique, Serviteur de Maât, régisseur des domaines royaux, intendant "des champs et des troupeaux d'Amon", "Directeur des Deux Greniers", "Directeur de tous les travaux du roi". En tant que tel, c'est lui qui supervise la construction du Château des Millions d'années, dont il fut également l'architecte. Puis il tombe apparemment en disgrâce : son nom et ses images sont martelés du vivant même d'Hatchepsout. Sur le plan politique, elle ne s'affirme pas comme ses prédécesseurs comme une conquérante, mais développe davantage les expéditions commerciales. La plus connue de ces expéditions, notamment parce qu'Hatchepsout lui donne de la publicité sur les murs de son temple, est celle au pays du Pount : elle montre comment ses magnifiques bateaux à 30 rameurs ont ramené à foison ivoires, bois d'ébène, myrrhe. De cette expédition, elle fait rapporter des arbres précieux pour transplanter certaines espèces dans son complexe funéraire. Elle est aussi l'une des plus prolifiques bâtisseuses de l’Égypte, initiant plusieurs centaines de projets architecturaux : ses réalisations sont plus grandioses que celles de ses prédécesseurs du Moyen Empire. Elle a donc marqué l'histoire et dessiné pour ses successeurs une ligne dont ils ne se démarqueront pas.



A la découverte de Deir el Bahari




Ce site admirable au creux d'une gigantesque falaise en forme d’amphithéâtre était depuis longtemps associé au culte d'Hathor. On y trouve aujourd'hui 3 temples côte à côte : celui de Montouhotep, d'Hatchepsout et au milieu, celui de Thoutmosis III.

Source : Jean-Claude Golvin




Temple de Montouhotep


Montouhotep est le fondateur du Moyen Empire (vers 2000 av. J.C.). Après une période de troubles terribles, ravages, pillages, incendies ..., il décide de résider à Thèbes et choisit ce site admirable. Son édifice est révolutionnaire : il marque la transition entre les édifices funéraires de l'Ancien Empire et ceux du Nouvel Empire. L'Ancien Empire concevait les édifices funéraires du pharaon en 3 parties : un temple en bas de la vallée, relié par une chaussée à un temple haut, qui conduit à la pyramide. Montouhotep conserve le type d'accueil (aujourd'hui enfoui dans la zone cultivée), une longue chaussée de près d'un kilomètre, et le temple. Tout ceci est conforme à la tradition. Le temple haut était très étroitement lié à la tombe, puisque le roi reposait dans une chapelle creusée dans la falaise à l'extrémité d'un long couloir. Plus tard, les rois du Nouvel Empire vont eux aussi creuser leur tombe dans la roche mais loin de leur temple. La nouveauté dans le système funéraire de Montouhotep, c'est d'abord le fait de creuser la tombe dans la roche : la notion de pyramide est empruntée à la forme même de la montagne. C'est aussi le plan du temple : il est construit selon un axe perpendiculaire à la montagne thébaine. C'est un vaste temple massif rectangulaire avec 2 terrasses en retrait et en hauteur l'une sur l'autre. Chaque terrasse est précédée d'une double rangée de piliers carrés. Une rampe d'accès permet d'y accéder. Depuis la deuxième cour, une longue galerie conduisait à la chambre funéraire creusée dans la montagne. Comme dans les nécropoles royales de l'ancien empire, les tombeaux appartenant aux princes et princesses étaient concentrées autour du complexe funéraire du pharaon. C'est ce qui changera par la suite puisque les nobles et les dignitaires se feront construire des tombes rupestres dans une vallée spécifique. Après Montouhotep, les pharaons recommencent à construire des pyramides.




Temple d'Hatchepsout


​Hatchepsout est née vers 1495 av. J.C., donc 5 siècles après Montouhotep. Elle règne 20 ans. Cette femme, fille de Touthmosis I, d'une intelligence exceptionnelle, fait croire à 12 ans qu'elle a une vision lui disant qu'elle sera pharaon. Elle est l'épouse de son demi-frère Thoutmosis II, qui meurt après environ 3 ans de règne. Elle devient régente pendant l'enfance de son neveu Thoutmosis III. A force de manigances, d'intrigues, elle s'impose comme pharaon et pas seulement comme régente. Elle suspend les grandes entreprises guerrières : sa grande préoccupation est d'ordre artistique, seule manière d'affirmer son prestige. Elle s'emploie à ouvrir de grandes routes commerciales vers le pays de Pount. Son successeur et neveu Thoutmosis III, qui la déteste, fera détruite la majorité de ses statues.

L'occupation du trône par une femme n'est pas une première. Mais cette fois, elle s'accompagne d'une propagande active. Elle a passé tout son règne a promouvoir son image. Elle décide d'abandonner l'habitude de disperser les sépultures royales, et donc de créer une grande nécropole de rois. Elle fait donc construire son temple à côté de celui de Montouhotep et de lui emprunter sa conception d'ensemble. Elle comprend ce qu'il y a d'inouï dans le fait de confronter le travail architectural de l'homme et la puissance de la falaise désertique. La cime thébaine culmine à 1600m d'altitude, comme une pyramide symbolique.

Autre symbole : aller du marais originel à la roche immuable, du végétal périssable au minéral éternel. La liaison entre les 2 se fait par des jardins. C'est donc un immense projet architectural, dont la force est due à l'accord profond entre la magnificence du cadre et la capacité d'adaptation de l'architecture à cet environnement de l'ample cirque formé par la falaise qui tombe en hauts ressauts interrompus par des éboulis. Sous certains angles, on ne voit pas bien où finit la montagne, et où commence le temple. Le temple est une stylisation du cadre rocheux, une fraction disciplinée de la montagne. Il s'agit d'orchestrer la lente progression vers le haut.

Les temples du Nouvel Empire, ceux de Ramsès notamment, ressembleront plutôt à une forteresse. Ici, au contraire, c'est un monument ouvert, projeté vers la vallée. L'architecte, Senemout, s'inspire évidemment de la construction de Montouhotep, mais à plus grande échelle. Son originalité est de superposer ces 3 terrasses au flanc de la falaise, pour précéder le sanctuaire creusé dans la roche. 3 colonnades allongées et lisses s'étagent. Ces colonnades répondent aux ressauts, les rampes aux éboulis. C'est un édifice unique dans l'art égyptien avec ses 3 terrasses superposées. L'impression est saisissante, avec ces gigantesques façades à portique.

La composition architecturale est marquée par la notion d'ascension et l'harmonie des lignes. Contrairement aux autres, où la première étape consistait à mettre en place le saint des saints, il fallut commencer le travail à l'envers, en aménageant d'abord les terrasses inférieures et intermédiaires. Le plan de ce temple unique n'a jamais été répété. Son plan est une extrême simplification des éléments caractéristiques du temple classique : série de cours successives comportant chacune un portique au fond et un accès à une salle à colonnes puis le sanctuaire. Mais la différence avec les autres temples est que les différentes cours ne se succèdent pas sur le même plan : elles s'échelonnent en une série de portiques superposés suivant la pente de la montagne. Reliées par des rampes qui, pour être praticables occupent une grande partie de la cour qu'elles divisent en 2. Ainsi la construction s'offre toute entière à la vue, d'un seul coup d'œil.

Source : egypte-eternelle.org

Le temple d'accueil dans la vallée a disparu. De là partait une avenue flanquée de sphinx, qui conduisait à l'entrée de la 1ère cour : cette cour était un grand espace ouvert. Elle était agrémentée d'étangs et de jardins. Les archéologues ont découvert les souches d'arbres précieux que la reine avait fait venir du Soudan. On peut en voir les traces en avant de l'entrée. Il débouche sur deux portiques portés par une rangée de piliers, carrés d'un côté, arrondis de l'autre, et par une rangée de colonnes. Le répertoire iconographique des murs du fond illustre les thèmes destinés à garantir le culte royal. Il représente le transport et l'inauguration des obélisques que la reine fit offrir à Amon, dieu de Karnak, la bénédiction du temple, l'érection des statues, les veaux que l'on mène au pré et des scènes de chasse dans les fourrés de papyrus. De son centre partait une rampe qui menait au 2ème niveau. La rampe coupe en son milieu un portique à colonnade. Le 2ème niveau est carré. Il reproduit les caractéristiques du plan précédent qui lui sert en quelque sorte de vestibule.

De façon symétrique, 2 chapelles consacrées aux dieux : Hathor et Anubis. A droite, celle d'Anubis montre la reine Hatchepsout faisant une offrande à Amon en compagnie du dieu à tête de chacal.

A gauche, la chapelle d'Hathor occupe vraisemblablement l'emplacement d'un ancien lieu de culte à la déesse de la montagne thébaine : Hathor, déesse liée aux croyances funéraires, sous la forme d'une génisse accueillant avec bienveillance les défunts qui, en buvant à son lait, peuvent participer à son essence divine. On y trouve également des colonnes portant des têtes de vache, tandis que la chapelle abrite une belle figure de la reine en adoration devant la déesse Hathor.

Le sanctuaire creusé dans la montagne est précédé de 2 salles hypostyles à la décoration particulièrement soignée. La 1ère salle hypostyle, dont l'axe central est bordé de piliers hathoriques conserve, 2 belles représentations d'Hathor sous sa forme de vache. A droite, elle sort de son naos, tirée par un prêtre. A gauche, elle allaite le pharaon Hatchepsout. La déesse apparaît souvent comme une femme mince, la tête recouverte d'une perruque et surmontée d'une paire de cornes de vache encadrant le disque solaire. Elle incarne la tendresse maternelle de la vache.

La 2ème salle hypostyle est soutenue par des colonnes à très beaux chapiteaux hathoriques. Ses murs sont ornés de reliefs qui ont conservé leurs couleurs originelles : sur le mur de droite, des scènes navales disposées sur 3 registres. Sur le soubassement, un défilé de fantassins nubiens.

Le portique gauche raconte une expédition au pays de la myrrhe, Pount, vers le Soudan. Il fallait perpétuer le souvenir de cet évènement qui semble avoir occupé dans l'imaginaire une fonction fabuleuse. C'est en quelque sorte l'équivalent des figurations guerrières. Cela permet de représenter des éléments exotiques, des animaux inhabituels, des types physiques inconnus à l'aspect très différent du canon égyptien. Pourquoi la reine a-t-elle fait cette expédition ? Ne pouvant entreprendre de grandes expéditions militaires, elle tente une opération de prestige qui compense l'absence de succès militaire. Sur le plan artistique, ses artistes ont le sens de l'ampleur et le souci narratif. Les corps sont allongés et sveltes, avec une très légère touche de modelé. Un très grand sens narratif. Une reprise des formes esthétiques de l'Ancien Empire, en particulier dans les mastabas de Saqqarah, le peuple qui s'est libéré depuis peu du joug des envahisseurs veille à ranimer les traditions nationales. Dans le domaine esthétique, cela se traduit par un retour d'un canon du moyen empire, et même à celui de l'ancien empire. De telles renaissances artistiques se sont produites quatre ou cinq fois dans le long cycle de l'histoire des Égyptiens.

Portique droit : la théogamie. Un thème fondamental. Hatchepsout veut montrer qu'elle est la fille des dieux. Le fait de réaffirmer sa naissance divine est très important pour cette reine dont le règne est contesté. Elle explique qu'elle est le fruit de l'union de sa mère et du dieu Amon qui prend les traits de Thoutmosis Ier. On voit l'union d'Amon avec la mère d'Hatchepsout. Amon a pris les traits de Thoutmosis Ier pour s'unir à la reine. Thot annonce ensuite à la reine l'origine divine de l'enfant qu'elle porte, et que le dieu potier criocéphale est en train de modeler sur son tour. La reine enceinte entre dans la salle d'accouchement, assise sur son trône, elle présente l'enfant à l'assemblée des dieux. Hatchepsout est allaitée par Hathor, accroupie dans l'attitude d'une nourrice. Le texte inscrit sur le mur décrit l'union d'Amon et de la reine : "Amon le dieu magnifique se transforma et prit l'apparence du roi, l'époux de la reine. Il la trouva comme elle dormait dans la beauté de son palais. L'odeur du dieu la réveille et la fit sourire. Sitôt il s'approcha d'elle et pour elle brûla d'ardeur. Après qu'il l'eut approchée étroitement et qu'elle s'extasiait pour contempler sa beauté virile, l'amour d'Amon pénétra dans son corps."

Depuis peu ouverte à la visite, la troisième terrasse consiste en un demi-spéos en forme de cour : au nord (droite de l'entrée) s'ouvre une petite cour où se dresse l'autel solaire ; au sud, l'ensemble de chambres voûtées, correspondant à la salle d'offrandes de la reine et au sanctuaire royal de Thoutmosis Ier (son père). Sur la face ouest (face à l'entrée), le sanctuaire principal consacré à Amon s'enfonce au centre dans la falaise ; ici s'achevait la procession de la barque sacrée d'Amon venue de Karnak, lors de la "Belle Fête de la vallée", au cours de laquelle on célébrait les défunts.

Anecdote Voyage :

A l'intérieur du sanctuaire, notre guide nous laisse seules arpenter les lieux. Nous sommes accompagnées d'un gardien qui veille à ce que nous préservions les lieux. Comme vous vous en doutez, il essayera aussi de vous soutirer quelques LE en vous faisant profiter de ses "services". C'est ainsi qu'on se retrouve à devoir poser en suivant ses instructions. La photo pas cliché du tout! Bon passons, c'est aussi ainsi qu'ils arrivent à se faire un petit complément de revenu (somme toute minime). Alors, à chacun de jouer ou non le jeu.

Si vous intégrez ces petits bakchichs dans votre budget, cela vous semblera moins contraignant et vous ferez une bonne action.




Temple de Thoutmosis III


Le successeur de Hatchepsout glissa son temple funéraire entre celui de sa marâtre tant détestée et celui de Montouhotep Ier. Les quelques traces de sa présence, découverte lors de fouilles sur le temple voisin, révèlent l'amorce d'une rampe et des fragments de murs et de colonnes. On pense que Thoutmosis avait bien pris soin que l'ensemble domine le sanctuaire de la reine. La décoration devait également être des plus fines, comme en témoignent quelques beaux blocs, dont deux sont conservés au musée de Louxor.



A la découverte des colosses de Memnon




Émergeant en lisière des cultures, ces deux gigantesques statues sont les premiers monuments pharaoniques que l'on voit en arrivant sur la rive ouest. Loin d'être isolés dans la plaine comme ils le sont aujourd'hui, les deux colosses d'Aménophis III (vers 1390-1350 av. J.-C.) se dressaient autrefois devant le premier pylône de brique crue de son immense temple funéraire, construit par l'architecte Amenhotep. On n'en distingue plus maintenant que le périmètre.


A l'origine sculpté dans un seul bloc de quartzite rose en provenance des carrières de la montagne Rouge (près du Caire), chacun des deux colosses représente le roi divinisé dans la pause consacrée, coiffé du nemes, assis les mains sur les genoux, tandis que de chaque côté de ses jambes se dresse la petite statue d'une femme, la mère et la femme du roi, Moumouia et Tiyi. Memnon, c'est le nom que donnèrent les Grecs à Aménophis III dix siècles après son règne, alors que le temple était déjà en ruines, détruit par le pillage de ses pierres et les crues successives du Nil (on voit les traces du niveau de l'eau sur la base des statues).


Comme le rapporte Strabon dans sa Géographie, c'est un tremblement de terre qui, en 27 ap. J.-C., causa la chute de la partie supérieure du colosse nord. Un phénomène étrange se produisit alors : chaque matin, le colosse se mettait à siffler. Si le bruit était vraisemblablement dû aux contrastes thermiques subis par la terre, l'attraction attira de nombreux visiteurs, comme en témoignent les multiples signatures grecques et romaines sur la pierre. On y trouva une explication légendaire : fils de la déesse de l'Aurore Eos et de Titon, tué par Achille pendant la guerre de Troie, le héros d'Homère répondant au nom de Memnon était tout simplement réapparu à Thèbes, transformé en statue. Et chaque matin, il accueillait d'un chant mélodieux l'apparition de sa mère l'Aurore. Septime Sévère, à la fin du IIe siècle ap. J.-C., mit un terme au phénomène en ordonnant la reconstruction du colosse.

Restés sans visage mais toujours hauts de 16,6m, les colosses viennent d'être restaurés. La visite est libre et les groupes ne descendent parfois même pas du car pour prendre leurs photos !



Infos Pratiques



  • Quand y aller ?

Dans la région de Louxor et dans tout le sud de l’Égypte, le climat y est aride. Il y fait donc très chaud l'été et doux l'hiver. La meilleure période pour visiter cette région est de novembre à avril. Mais vous aurez quand même entre 20 et 35°C. Pour visiter Deir el Bahari, il est préférable d'y aller en matinée, quand le soleil n'est pas à son zénith.

  • Combien de temps faut-il prévoir pour visiter Deir el Bahari ?

Sur les 3 temples composant Deir el Bahari, seul le temple d'Hatchepsout est suffisamment en bon état pour être visité. Il est de taille nettement moins importante que d'autres temples que nous aurons l'occasion de visiter par la suite. Ici, votre guide pourra vous accompagner partout, hormis dans le sanctuaire où des gardiens seront avec vous. Ainsi, votre guide vous diffusera de nombreuses informations et explications tout au long de la visite, ce qui est très enrichissant quand on visite de tels lieux chargés d'histoire. Pour parcourir un tel site, il faut bien compter 1 heure. Bien sur, à vous de juger si vous souhaitez passer plus de temps à prendre des photos, en évitant les touristes qui vont et viennent.


  • Comment se rendre à Deir el Bahari ?

A partir de Louxor, il faut compter 30 minutes de route pour rejoindre Deir el Bahari. Sachez que tous les sites Vallées de Rois, Vallée des Reines, Vallée des Nobles, Vallées des Artisans, Deir el Bahari et les Colosses de Memnon sont tous à proximité. Néanmoins, pour aller d'un site à l'autre, il vaut mieux se déplacer en voiture, en raison des fortes températures. Nous vous conseillons de faire appel à un taxi ou un chauffeur pour tous vos déplacements. La circulation peut se révéler périlleuse pour nous européens. Le prix d’entrée à Deir el Bahari est fixé à 140LE par personne (soit 7€).


  • Comment circuler dans Deir el Bahari ?

A partir du guichet d'entrée, il y a une petite marche pour atteindre l'entrée du temple (largement faisable à pied). Néanmoins un petit train est disponible pour effectuer le trajet. Il vous en coûtera 2LE par personne pour l'aller. Le retour se faisant obligatoirement à pied. On ne recommandera jamais assez de faire attention aux lieux. Donc s'il vous plait, on ne touche pas avec ses mains (juste avec les yeux) et surtout, on fait attention à son sac à dos qui pourrait occasionner des griffures sur les murs. Ces lieux ont plus de 3500 ans, protégeons les pour mieux en profiter.

  • Où dormir ?

Le plus facile pour trouver un logement est de se rendre à Louxor. Ici, de nombreux hôtels sont disponibles. De notre côté, nous avons fait escale à l'hôtel Iberotel Louxor. Il est situé en plein cœur de Louxor, sur les rives du Nil et à seulement 10 minutes à pied du temple de Louxor.



Notre Avis




Apprendre l'histoire de cette femme, nommée Hatchepsout, devenue pharaon, qui a dû se battre et faire preuve d'une grande intelligence pour s'imposer à ce rang a été passionnant. Découvrir son temple funéraire chargé de représentations symboliques nous a permis de mieux comprendre son combat mais également les outils de communication employés pour légitimer son accession au trône.

Nous avons eu un très gros coup de cœur pour ce temple. En effet, l'architecture est très contemporaine (à mon sens) et l'histoire de cette reine est fascinante. Vous ne trouvez pas ? De plus, nous avons eu la chance de visiter ces lieux sans aucun touriste. Quand je dis personne, nous n'étions que toutes les deux sur le site avec seulement notre guide et un gardien. De quoi bien profiter des lieux.

J'espère que cet article vous aura aidé à organiser votre visite à Deir el Bahari et que vous aussi, vous serez charmé par ce temple de toute beauté et chargé d'histoire. Si vous avez des conseils ou expériences à partager, n'hésitez pas à nous en faire part.



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